La chambre correctionnelle de la Cour suprême se prononcera dans les prochains jours sur le pourvoi en cassation introduit par le parquet général près la Cour d’Alger dans une affaire qui implique une ancienne magistrate. Le représentant du ministère public estime en effet que la peine prononcée contre la mise en cause, soit un an de prison avec sursis, est «trop clémente» au regard de la gravité des faits reprochés. L’accusée, radiée du corps de la magistrature après avoir exercé comme juge au tribunal de Chéraga, puis inscrite au barreau d’Alger où elle a travaillé en tant qu’avocate, avait été placée sous mandat de dépôt à la prison d’El Harrach à la suite d’une plainte déposée par trois victimes.
Celles-ci affirmaient que l’ex-juge leur avait soutiré des sommes colossales, estimées à plus de deux milliards de centimes, en contrepartie d’interventions présumées dans des affaires pénales portées devant différents tribunaux du centre du pays, notamment à Alger, Blida, Bouira et Boumerdès. À la barre, la prévenue a nié l’ensemble des accusations portées contre elle, affirmant être « victime d’un complot monté de toutes pièces » par les plaignants. Elle a néanmoins dû répondre aux déclarations de la partie civile, qui n’a pu récupérer qu’une petite partie des sommes encaissées. Le parquet avait requis à son encontre deux ans de prison ferme, assortis d’une amende de 20 000 dinars et de dommages et intérêts. Ses avocats, de leur côté, avaient plaidé les circonstances atténuantes. Il convient de rappeler que l’ex-juge faisait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par le juge d’instruction du tribunal de Bir Mourad Raïs, après avoir ignoré plusieurs convocations. Lors du procès, elle avait tenté de dissimuler son visage derrière un foulard, esquivant ainsi les regards du public présent. Le procureur général près la cour d’Alger considère que le verdict rendu ne reflète en rien la gravité des charges retenues, tant au stade de l’enquête préliminaire que lors de l’instruction judiciaire.
Par ailleurs, avant d’être mutée au tribunal de Chéraga, l’ex-magistrate avait exercé pendant plus de cinq années en qualité de présidente de la section des flagrants délits au tribunal d’Hussein Dey.
R.H.
