Siégeant en matière pénale, les magistrats de la 10e chambre de la cour d’Appel d’Alger ont condamné, hier, Saida Neghza, Belkacem Sahli Belkacem et Abdelhakim Hamadi , d’ex-candidats à la candidature pour la présidentielle de 2024 à 4 ans de prison ferme assortis d’une amende d’un million de dinars avec mandat de dépôt.
Par Redouane Hannachi
L’Inculpée Saida Neghza Saida évacuée en urgence sur l’hôpital Mustapha Pacha suite à un malaise une heure avant la prononciation du dispositif (verdict) sera transférée de son lit d’hospitalisation vers son lieu d’incarcération à savoir la prison de Koléa. L’ex-ministre Belkacem Sahli qui est resté bouche-bée après la prononciation du verdict et entouré de policiers, est emmené, sous les yeux du procureur général adjoint El Orabi Tahar pour son transfert vers la prison de Koléa.
Confiant l’inculpé Hamadi Abdelhakim qui ne s’attendait nullement à une telle décision tentait du fond de la salle d’audience de rassurer l’ex-ministre avant qu’il ne soit invité par le chef de la division centre de se lever et rejoindre Sahli. Etonné, le mis en cause jetait des regards évasifs sur ses avocats qui sont restés perplexes suite au verdict prononcé. Les magistrats ont par ailleurs prononcé 6 peines de 3 années de prison ferme assorties de 200.000 dinars d’amendes. Les mêmes magistrats ont condamné 23 autres inculpés à 2 ans de prison ferme assortis de 100.000 dinars d’amendes. Les juges ont en outre prononcé 35 autres condamnations d’inculpés entre détenus et non détenus à 18 mois de prison ferme parmi eux figure le fils de Saida Neghza à savoir Ouari Bachir. Son deuxième fils Azzouza Bachir a été condamné à une peine de 2 années de prison ferme sans mandat de dépôt à l’audience. La majorité écrasante des mis en cause ont été reconnus coupables d’avoir procédé à un faux dans les formulaires relatifs à la candidature aux élections présidentielles 2024.
Les trois mis en cause ont été reconnus coupables des chefs d’inculpation retenus contre eux par le juge d’instruction du pôle financier et économique du tribunal de Sidi M’hamed spécialisé dans la lutte contre la malversation et la corruption dans le cadre de l’affaire liée à l’achat de parrainages pour les élections présidentielles de 2024. Les trois inculpés condamnés, ont tout au long des débats, nié les faits retenus contre eux. Le procureur général près la Cour d’appel d’Alger a requis au cours de son réquisitoire une peine de 10 ans de prison ferme assortie d’une amende d’un million de dinars contre Saida Neghza, ancienne présidente de la Confédération générale des entrepreneurs algériens (CGEA), Belkacem Sahli Belkacem ancien député et ancien secrétaire d’Etat chargé de la Communauté algérienne à l’Etranger et le docteur Abdelhakim Hamadi pour fraude électorale et octroi d’indus avantages.
Le procureur a requis une peine de 8 ans de prison ferme contre les deux fils de Neghza, Azzouza Karim et Ouari Bachir pour complicité dans la fraude. Le représentant du ministère public a par ailleurs requis pas moins de 20 peines de 5 ans de prison ferme assorties d’un million de dinars pour chacun des mis en cause. Dans leurs plaidoiries, les avocats de la défense ont sollicité la relaxe pure et simple de leurs clients estimant que « les preuves légales et matérielles ne sont pas réunies dans cette affaire». Pour rappel, les avocats de la défense constitués ont introduit des appels à la chambre pénale pour la révision du procès et donc des peines prononcées le 26 mai dernier par le président du pôle financier et économique du tribunal de Sidi M’hamed contre leurs clients lors du premier jugement dont une peine de dix ans de prison ferme assortie d’un million de dinars sans le mandat de dépôt à l’audience. Le président du tribunal a infligé les mêmes peines et les mêmes amendes. Le président chargé du dossier a jugé que toutes les preuves légales et matérielles concernant la fraude électorale sont réunies. Le président a par ailleurs condamné les deux fils de Neghza à des peines allant de 5 à 8 ans de prison ferme. Le juge a lancé un mandat d’arrêt contre un de ses enfants.
Le président avait en outre prononcé pas moins de 60 peines allant de cinq à huit en passant par six ans de prison ferme contre les détenus qui ont manifesté leur colère juste après avoir appris le verdict Il convient de signaler que la présidente chargée du dossier n’a prononcé aucune relaxe. Ils ont été condamnés sans exception à des peines fermes. Ils ont été reconnus coupables de complicité dans l’opération de la fraude électorale. Il faut aussi relever que, jugés en appel devant la Cour d’Alger, Saïda Neghza, Belkacem Sahli et Abdelhakim Hamadi ont vu leur peine réduite à 4 ans de prison ferme, mais avec dépôt. Ils ont été aussitôt incarcérés. La cour d’Alger a également réduit les sentences des autres condamnés à des peines allant de 18 mois à 2 ans de prison ferme.
Les avocats de la défense comptent introduire des pourvois en cassation à partir d’aujourd’hui à la chambre délictuelle et correctionnelle de la Cour Suprême pour la révision du procès en appel.
R.H
