La chambre criminelle de la Cour suprême examinera en novembre prochain le pourvoi en cassation introduit par le procureur général près le tribunal criminel d’Alger dans l’affaire du meurtre de Hadjou Mohamed, un jeune de 26 ans, tué en 2021 alors qu’il tentait de mettre fin à une rixe entre voisins. Le procureur général, représentant le ministère public, a transmis son recours afin que le procès des trois accusés soit cassé et renvoyé devant la même juridiction, autrement composée. Tout au long des débats, il avait exprimé sa colère face à la cruauté du crime, rappelant que la victime avait succombé avant même son arrivée à l’hôpital, uniquement pour avoir voulu séparer des jeunes en pleine bagarre. Dans son réquisitoire, il avait soutenu que l’auteur principal, S.L., avait bel et bien eu l’intention de tuer, en visant mortellement la poitrine de la victime avec son couteau.
Il a requis la peine capitale contre les trois mis en cause — deux frères et leur voisin — estimant qu’aucune indulgence ne pouvait leur être accordée. Mais le tribunal criminel d’Alger, lors de la deuxième instance, avait prononcé des acquittements et réduit la peine de S.L., initialement condamné à mort, à 20 ans de réclusion criminelle. C’est précisément contre ces circonstances atténuantes et ce verdict jugé trop clément que le procureur général a décidé d’interjeter pourvoi. Son mémoire s’appuie notamment sur les acquittements prononcés en faveur de S.S.A. et B.W. Les faits remontent au 21 décembre 2021, vers 16h30, dans la cité Soummam à Bab Ezzouar, lorsque S.L. a frappé mortellement le jeune Mohamed sous les yeux de sa mère. Le meurtrier, récidiviste, avait reconnu sans remords son geste devant le tribunal. L’avocat de la partie civile a insisté sur l’intention criminelle, soulignant que l’accusé était revenu une demi-heure plus tard sur les lieux pour exécuter son crime.
Il est désormais possible que les magistrats de la Cour suprême accèdent à la demande du procureur général et ordonnent la révision du procès, ouvrant la voie à un nouveau jugement et à un éventuel durcissement des peines.
R.H.
