Ce n’est qu’à une heure tardive dans l’après-midi que le président du tribunal criminel d’Alger a renvoyé le procès de T. Karim suite à l’absence de ses avocats. Le mis en cause faisait partie d’une dangereuse association de malfaiteurs spécialisée dans les vols qualifiés et dans les attaques à main armée. L’inculpé et les membres de sa bande, se sont, pour rappel, accaparés d’une somme de trois milliards de centimes d’un hangar sis à la cité jolie vue de Kouba avec la complicité non seulement du gardien mais aussi d’un ex-policier.
Le gardien du hangar qui, après s’être mis d’accord avec les membres, avait laissé le portail entrouvert et montré aux mis en cause où se trouvait le coffre-fort qui contenait pas moins de trois milliards de centimes et de devises. Les inculpés dont la plupart sont des repris de justice spécialisés dans les vols qualifiés. Ils sont aussi impliqués dans les affaires de commercialisation de stupéfiants. D’ailleurs lors de leur arrestation, les services de la police judiciaire de la sûreté de daïra d’Hussein Dey lesquels suite à une minutieuse enquête bien menée, ont pu récupérer pas moins de 4,5 kif traité. Les incriminés ont tout au long de leur audition nié toutes les accusations retenues à leur encontre notamment par la chambre d’accusation de la cour d’Alger. L’un des accusés répondant aux initiales de Gh.M a, lors de son audition au tribunal criminel de la première instance de Dar El Beida, pointé un doigt accusateur vers l’ex-policier B. Abderzak qui exerçait au niveau de la sûreté urbaine de Baraki arguant que «l’importante quantité de cannabis saisie dans son domicile familial appartenait à l’ex-policier et qu’il a été sommé de la garder chez lui». Les membres de l’association de malfaiteurs, ont par ailleurs nié avoir ramené un véhicule de marque Ibiza pour transporter le coffre-fort qu’ils ont abandonné dans un lieu isolé dans la région de Rouïba.
Complicité policière
Le gardien K. Farid a, au cours de son audition par le président en charge du dossier, tenté de faire croire que ses acolytes l’ont menacé de mort si leur plan machiavélique n’aboutisse pas. «Deux des inculpés m’ont ligoté et m’ont obligé de leur montrer l’endroit où se trouvait le coffre-fort. J’ai été libéré grâce à l’intervention du gardien d’une autre société», a-t-il affirmé pour se défendre. L’ex-policier D. Abderzak qui a été poursuivi notamment pour possession de kif traité, a nié les faits qui lui sont reproché en déclarant: «Je n’ai rien à voir dans cette affaire. Je fais l’objet d’un coup monté de toutes pièces, par les enquêteurs et par les mis en cause. Ils veulent juste me coller une étiquette». Le procureur général avait d’emblée affirmé que toutes les preuves légales et matérielles relatives à l’accusation sont formelles notamment en ce qui concerne l’intention criminelle des malfaiteurs. Le même procureur avait requis en outre des peines allant de dix à vingt ans de réclusion criminelle contre tous les accusés.
Les avocats de la défense coincés par les déclarations contradictoires de leurs clients et les demandes du procureur général se sont contentés de demander l’application des articles ayant trait aux circonstances atténuantes conformément à l’article 53 bis du code pénal et l’article 592 du code de procédures pénales. Le procès a été renvoyé à la prochaine session criminelle. L’un des inculpés a émis le vœu que son dossier soit renvoyé car il n’était apte d’être jugé.
R.H
