Le procès en appel de l’écrivain Mohamed Amine Belghit s’est tenu hier devant la 10e chambre pénale de la cour d’Alger. À l’issue de son réquisitoire, le procureur général a demandé la confirmation des charges retenues et requis sept ans de prison ferme, assortis d’une amende de 500 000 dinars. Le représentant du Trésor public, pour sa part, a plaidé pour la confirmation du premier jugement prononcé par le tribunal correctionnel de Dar El Beïda, tout en rappelant le droit de l’État à se constituer partie civile afin de réclamer une réparation matérielle des préjudices causés.
Le 3 juillet dernier, le tribunal correctionnel de Dar El Beïda avait condamné Belghit à cinq ans de prison ferme et à une amende d’un million de dinars pour atteinte à l’unité nationale et atteinte aux symboles de l’État. Le juge avait en outre reconnu le mis en cause coupable d’avoir proféré des propos jugés diffamatoires et incitant à la haine. Le procureur de la République avait déjà, à l’époque, requis une peine plus lourde : sept ans de prison et 500 000 dinars d’amende, estimant que les faits reprochés étaient établis et démontraient une volonté manifeste de nuire. Lors de l’audience en appel, les avocats de la défense, conduits par Me Amara Abdelhamid, ont plaidé la relaxe pure et simple de leur client. Ils ont soutenu que la vidéo à l’origine de la poursuite avait été coupée et censurée, rendant son contenu ambigu et dénaturé. Selon eux, cette manipulation aurait biaisé l’interprétation des propos de Belghit. Les avocats ont insisté sur l’existence d’un coup monté, affirmant que leur client est victime d’une instrumentalisation visant à le discréditer. Appelé à la barre, Mohamed Belghit avait nié toute intention de porter atteinte à l’Algérie ou à son unité nationale. « Je suis fier d’être algérien. J’aime mon pays et je ne peux pas m’en passer. Les Kabyles sont mes frères et mes sœurs qui ont lutté pour que l’Algérie reste debout », avait-il déclaré. Il a également expliqué que ses propos avaient été mal interprétés.
«Le mot que j’ai utilisé ne visait pas nos compatriotes vivant à l’étranger, mais les harkis. Si mes paroles ont blessé certains, je leur demande pardon», a-t-il ajouté. À l’issue des plaidoiries, la cour a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu dans les prochains jours et déterminera si la peine initiale de cinq ans sera confirmée, alourdie, ou réduite.
R.H.
