Le pôle économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed rendra, ce mardi, son verdict dans l’affaire dite «ANEP 2», un dossier retentissant de malversation et de corruption qui implique deux anciens ministres de la Communication, Djamel Kaouane et Hamid Grine, ainsi que treize autres prévenus. Incarcéré depuis 2023, Djamel Kaouane sera jugé aux côtés de son prédécesseur, Hamid Grine, placé sous contrôle judiciaire.
Tous deux devront répondre de graves accusations de dilapidation de deniers publics, d’abus de fonction et de favoritisme dans la gestion de la publicité institutionnelle confiée à l’Agence nationale d’édition et de publicité (ANEP). Les investigations menées par le juge d’instruction du pôle économique ont révélé de profondes irrégularités dans la répartition des budgets publicitaires entre 2008 et 2018, période durant laquelle Kaouane et d’autres responsables dont Amùine Echikr se sont succédé à la tête de l’agence.
Favoritisme et détournement
Selon les conclusions de l’enquête, d’importantes sommes auraient été dilapidées par le biais de contrats publicitaires attribués à des journaux fictifs ou sans audience réelle, créés parfois dans le seul but de capter des fonds publics. L’ex-directeur général de l’agence, Amine Echikr est également soupçonné d’avoir octroyé massivement de la publicité publique à un quotidien dirigé par son épouse, lui permettant de générer plusieurs milliards de centimes en quelques années. Le préjudice global causé à l’État est estimé à plusieurs dizaines de milliards de centimes, selon les premières évaluations financières. Cette nouvelle affaire intervient après celle dite «ANEP 1», examinée en juin dernier, dans laquelle Abdelkader Khomri, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports et ex-DG de l’agence, avait été lourdement condamné pour des faits similaires de corruption et de mauvaise gestion.
Le dossier ANEP 2 met en lumière les pratiques opaques entourant la distribution de la publicité institutionnelle en Algérie. Les prévenus sont poursuivis en vertu de la loi n° 06-01 du 20 février 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, qui encadre les délits de détournement de fonds publics, d’abus d’autorité et d’enrichissement illicite. Le procès de ce mardi devrait lever le voile sur les zones d’ombre de la gestion interne de l’ANEP, alors que plusieurs cadres et responsables de cette institution publique ont déjà été auditionnés dans d’autres dossiers liés au même réseau de malversations
R.H.
