Ce label cible les start-ups qui ont montré des signes d’expansion et de croissance.
Dans le cadre de la promotion de l’innovation et de l’entrepreneuriat en Algérie, les pouvoirs publics ont décidé d’actualiser le cadre juridique de l’innovation à travers un nouveau décret.
Ce décret exécutif, publié au dernier Journal officiel (numéro 81), vient modifier et compléter le décret de 2020 relatif à la création d’un comité national de labellisation des « startups », des « projets innovants » et des « incubateurs », et qui fixe ses missions, sa composition et son fonctionnement.
La principale évolution apportée par le nouveau texte est l’établissement d’un nouveau label « Scale-up » (entreprise à croissance accélérée). D’après les explications fournies par le ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-ups et des Micro-entreprises, le lancement du label « Scale-up », comme un prolongement naturel du label « Start-up », représente « une évolution majeure de l’écosystème entrepreneurial en Algérie ».
Cette classification s’inscrit dans la continuité naturelle du développement d’une « start-up », lui ouvrant de nouvelles perspectives d’expansion à l’échelle locale et internationale.
Selon le nouveau texte, le label « Scale-up » est accordé à toute société de droit algérien dont le modèle d’affaires s’appuie sur des produits, des services ou un business model innovant, avec un chiffre d’affaires qui a progressé d’au moins 20 % au cours des trois dernières années, et l’affectation d’un taux d’au moins 3 % des revenus ou du capital à l’investissement dans la recherche et le développement (R&D). Le décret insiste également sur la nécessité pour les entreprises de prouver et de mettre en avant leur capacité d’innovation.
Pour obtenir ce label, la demande doit être formulée en ligne via la plateforme électronique nationale des startups, accompagnée d’un dossier comprenant notamment une présentation détaillée du produit ou du service et de ses aspects innovants, les CV des fondateurs, une vidéo de trois minutes illustrant la croissance de l’entreprise, ainsi que tout document de propriété intellectuelle, distinction, récompense ou preuve d’expansion internationale, notamment à travers des opérations d’exportation ou l’ouverture de filiales, le cas échéant.
Le label « Scale-up » est attribué pour une durée de quatre ans, renouvelable, a précisé le décret.
Renouvellement conditionné
Le décret comprend également de nouvelles conditions pour le renouvellement des labels « Start-up » et « Incubateur », basées sur des indicateurs d’efficacité et de résultats obtenus.
Le texte précise que le label Start-up est octroyé à la société pour une durée de quatre ans, renouvelable une fois. Son renouvellement doit reposer sur un modèle d’affaires s’appuyant sur des produits, des services ou un business model innovant.
Le capital social doit être détenu à hauteur d’au moins 50 % par des personnes physiques, des fonds d’investissement agréés ou par d’autres entreprises labellisées « Start-up » ou « Incubateur ».
Le potentiel de croissance doit être « suffisamment grand », ajoute le texte, soulignant que le dossier de renouvellement doit détailler les principales réalisations de l’entreprise, ses indicateurs de performance, ses revenus des trois dernières années, l’évolution du nombre de clients ou d’utilisateurs de ses solutions, le bilan des levées de fonds réalisées, ainsi que le nombre de brevets ou logiciels enregistrés.
S’agissant du label « Incubateur », octroyé pour une durée de cinq ans, le dossier de renouvellement doit inclure des documents relatifs aux activités et aux travaux menés par l’incubateur durant les cinq dernières années, notamment la liste des projets incubés ayant obtenu le label « Projet innovant », la liste des projets incubés ayant obtenu le label « Start-up », la liste des projets incubés ayant obtenu le label « Scale-up » et la liste des contrats conclus par l’incubateur dans le cadre de l’innovation ouverte.
Said S.
