Le tribunal criminel d’Alger de la 2e instance judiciaire statuera ce jeudi dans le procès en appel de la militante et coprésidente du congrès mondial amazigh (CMA), Kamira Naït Sid. La mise en cause qui devait être jugée avant le renvoi de son affaire suite à l’absence de plusieurs parties concernées dans ce dossier, est accusée pour divers chefs d’inculpation entre conformément à l’article 87 bis du code pénal.
Il s’agit entre autres d’«atteinte à l’unité nationale et à la sécurité de l’Etat» et d’«appartenance à une organisation terroriste qui vise à déstabiliser la sécurité du pays par la publication de tracts subversifs appelant à créer un climat de haine au sein des populations». La prévenue qui a été condamnée à deux reprises à cinq années de prison ferme lors de son premier passage devant le tribunal criminel de la première instance d’Alger sis au tribunal de Dar El Beida puis trois ans de prison ferme lors de sa comparution devant le tribunal criminel d’Alger. Après avoir bénéficié de larges circonstances atténuantes, elle a été arrêtée, rappelons-le, le 24 août 2021 à son domicile à Draa-Ben-Khedda, dans la wilaya de Tizi-Ouzou par des policiers en civil, selon son avocate Fetta Sadat. Le 1er septembre 2021, elle a été présentée au procureur de la République, puis au juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed à Alger. Et vu la gravité des faits qui lui sont reprochés, il a décidé de la placer en détention provisoire à l’établissement pénitentiaire d’El Koléa. Quelque temps plus tard, ses avocats ont sollicité auprès des magistrats de la chambre d’accusation d’Alger une liberté provisoire. Ces derniers ont sans hésitation rejeté la demande car ils ont jugé qu’une telle mesure peut entraver le bon déroulement de l’instruction judiciaire et aura un impact direct sur le procès en lui-même. Kamira Nait Sid a été selon ses avocats, gardée pendant 7 jours avant d’être présentée devant un juge qui a ordonné sa mise en détention le 1er septembre 2021.
Elle a été auditionnée pour des faits liés au terrorisme et a été confrontée à deux procès, en 2022 et en 2023 et condamnée à 5 ans et à 3 ans de prison. En juillet 2023, la Cour d’Appel d’Alger a ramené sa peine à 3 ans d’emprisonnement. Selon toujours ses avocats le 28 mars 2024, la Cour suprême algérienne a cassé et annulé le jugement de la Cour d’appel d’Alger et renvoyé sine die l’affaire devant un autre tribunal. Ce dernier selon ses avocats n’a pas respecté les directives des juges de la chambre criminelle. Dans leurs plaidoiries, les avocats de la défense de Kamira Nait Sid ont affirmé que cette dernière «n’aurait jamais dû être arrêtée et emprisonnée car ses activités de défenseure des droits des Amazighs étaient pacifiques et parfaitement légales, y compris selon la législation algérienne». Elle aurait dû également selon eu «retrouver sa liberté le 28 mars 2024 suite à l’annulation de sa condamnation en appel, par la Cour suprême algérienne».
Elle a été libérée de la prison de Koléa le 1 septembre 2024 en présence d’une foule nombreuse et à leur tête sa mère qui a fait le déplacement de son village natal. Il convient de signaler enfin que le procureur général d’Alger a introduit de son côté un pourvoi en cassation à la chambre criminelle sollicitant la révision du dossier de la mise en cause.
R.H.