Entre contestations de militants, accusations d’exclusion et difficultés administratives, le processus électoral révèle des dysfonctionnements qui touchent aussi bien les grandes formations que les nouveaux partis.
À l’approche de la clôture du dépôt des listes de candidats et de la collecte des signatures pour les élections législatives du 2 juillet, les tensions s’intensifient au sein de plusieurs formations politiques.
Entre contestations de militants, accusations d’exclusion et difficultés administratives, le processus électoral révèle des dysfonctionnements qui touchent aussi bien les grandes formations que les nouveaux partis.
Dans ce contexte, plusieurs partis reconnaissent des dysfonctionnements dans le processus de sélection des candidatures au niveau local.
C’est notamment le cas du Rassemblement national démocratique (RND), dont le secrétaire général, Mondher Bouden, a indiqué que de nombreuses observations ont été formulées par des militants au sujet des listes électorales. Il a précisé que certaines de ces réserves sont «fondées et méritent examen», tandis que d’autres ne reposent sur aucun élément solide.
À titre illustratif, lors d’un meeting populaire organisé dans la wilaya de Sidi
Bel-Abbès, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Mondher Bouden, a révélé avoir relevé de leurs fonctions trois secrétaires de bureaux de wilaya et les avoir remplacés sur-le-champ pour avoir exclu des compétences et des jeunes cadres.
Il a affirmé que le parti n’acceptera plus, à l’avenir, des pratiques fermant la porte aux «nouvelles énergies». D’autant que la nouvelle vision du parti tend à«réduire le fossé entre le citoyen et l’action politique en associant anciens militants et nouvelles compétences», considérant que «l’intégration des catégories silencieuses dans la vie politique constitue l’un des principaux objectifs du parti pour la prochaine étape».
Dans un message adressé directement aux militants du parti exclus des listes électorales, Mondher Bouden a reconnu l’existence de réserves et de critiques dans certaines wilayas, précisant qu’une partie de ces critiques est
«fondée et mérite d’être prise en charge».
Le parti est également rattrapé par des controverses, notamment après la diffusion d’un enregistrement audio attribué à un responsable local à Constantine, évoquant des pratiques liées à la constitution des listes, ce qui a alimenté une polémique politique et institutionnelle.
Le FLN et les contestations des listes
De son côté, le Front de libération nationale (FLN) a finalisé l’élaboration de ses listes de candidature en vue de leur dépôt auprès de l’Autorité nationale indépendante des élections avant le 18 mai. Toutefois, le processus a été marqué par des contestations internes, plusieurs militants ayant exprimé leur mécontentement suite à leur exclusion des listes. Ces réclamations ont été transmises à la direction du parti pour examen.
Le FFS face aux difficultés administratives
Tandis que le Front des forces socialistes (FFS) a décidé de prolonger le délai de dépôt des dossiers de candidature. Une décision, selon le parti, prise en réponse aux difficultés rencontrées par plusieurs candidats dans la finalisation de leurs dossiers.
La collecte des parrainages, étape essentielle pour valider les candidatures, a été marquée par des blocages administratifs dans certaines communes, tels que l’indisponibilité des formulaires ou l’absence de coordinateurs de l’Anie, soutient la formation politique.
Contraintes techniques et organisationnelles
Par ailleurs, dans le cadre des préparatifs des élections législatives, plusieurs formations politiques accélèrent la collecte des signatures avant l’expiration des délais. Le Parti des travailleurs a, pour sa part, signalé des difficultés techniques et organisationnelles rencontrées lors de la phase finale de cette opération. Il affirme que plusieurs bureaux de wilaya n’ont pas pu achever la collecte des signatures malgré les efforts déployés.
La formation politique a également évoqué des perturbations du système électronique de l’Autorité nationale indépendante des élections, dédié à la gestion des candidatures, ce qui aurait affecté le bon déroulement de certaines procédures liées au scrutin.
De son côté, le parti Jil Jadid a adressé une correspondance au président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections, appelant à résoudre les difficultés administratives rencontrées par les candidats de la communauté algérienne établie à l’étranger.
Dans son dernier bilan, l’Autorité nationale indépendante des élections indique que 1 427 dossiers de candidatures collectives ont été retirés à travers 69 wilayas. Parmi eux, 1 174 listes sont portées par 36 partis politiques, une liste émane d’une coalition et 252 listes sont indépendantes.
À quelques jours des échéances fixées, le paysage politique apparaît ainsi traversé par des tensions multiples, révélant à la fois les difficultés organisationnelles des partis et les fragilités persistantes du processus de sélection des candidatures.
Smail Rouha
