À l’approche du scrutin du 28 novembre, les formations politiques et les listes indépendantes ont dû faire vite pour remplacer les candidats écartés, dont les recours ont été majoritairement rejetés par les juridictions administratives.
Le bilan provisoire de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) fait état d’une forte présence des jeunes parmi les candidats. La course contre la montre est désormais terminée pour les partis politiques engagés dans les élections des Assemblées populaires communales (APC) et de wilaya (APW), prévues le 28 novembre prochain.
L’échéance du 28 octobre, fixée pour le remplacement des candidats dont les dossiers ont été rejetés, est arrivée à son terme, contraignant les formations concernées à trouver des solutions rapides pour préserver leurs listes électorales.
Selon les informations rapportées par la presse nationale, près de 80% des recours introduits par les candidats écartés auraient été rejetés par les juridictions administratives. Dans la majorité des cas, les décisions de l’Anie ont ainsi été confirmées, réduisant les possibilités de réintégration des candidats concernés et obligeant les partis à se tourner vers des profils de remplacement.
Cette situation a placé les directions partisanes sous pression, alors que la finalisation des listes constitue une étape déterminante avant le scrutin. Certaines formations redoutent également les conséquences de ces exclusions sur leur implantation locale, notamment dans les communes où la constitution des listes se révèle particulièrement difficile.
Neuf motifs de rejet retenus par l’Anie
Dans le cadre de l’examen des candidatures, l’Anie a identifié neuf catégories de motifs susceptibles de justifier le rejet d’un dossier.
Ces motifs couvrent aussi bien le non-respect des conditions légales de candidature que les situations judiciaires et fiscales des postulants, ainsi que les exigences liées à l’éthique de la vie politique. Parmi les principales causes figurent l’absence de documents obligatoires, le défaut d’inscription sur la liste électorale de la circonscription concernée, le non-respect de l’âge minimum de 23 ans le jour du scrutin et le défaut de régularisation de la situation vis-à-vis du service national.
Les condamnations définitives à une peine privative de liberté pour crime ou délit, sous réserve des exceptions légales, peuvent également entraîner un rejet en l’absence de réhabilitation. Il en va de même pour les candidats qui ne justifient pas de leur situation fiscale, que ce soit par le paiement des sommes définitivement dues, un échéancier ou la preuve d’une non-imposition.
L’Autorité a également mis en avant les considérations relatives à l’éthique politique, notamment les liens avec des milieux d’affaires suspects susceptibles d’influencer directement ou indirectement le libre choix des électeurs et le bon déroulement du processus électoral. L’inéligibilité de certaines catégories prévues par la législation électorale figure également parmi les motifs retenus.
Neuf listes rejetées sur 6 065 déposées
Le bilan provisoire de l’Anie fait état de neuf listes rejetées sur un total de 6 065 listes déposées pour les élections communales et de wilaya. Pour les élections des APC, trois listes ont été rejetées sur les 5 631 déposées, soit un taux de rejet d’environ 0,05 %. Pour les APW, six listes ont été écartées sur 434, correspondant à un taux de 1,38 %. Au total, 6 056 listes n’ont donc pas fait l’objet d’un rejet, selon les données provisoires communiquées. Les refus de listes sont notamment liés à l’insuffisance des formulaires de souscription de signatures ou à des dossiers incomplets n’ayant pas été régularisés.
Les jeunes représentent plus de 54% des candidats
Au-delà des difficultés liées aux exclusions, les données provisoires de l’Anie mettent en évidence une présence importante des jeunes dans la compétition électorale. Les candidats âgés de 40 ans ou moins sont au nombre de 87 995, soit 54,02% de l’ensemble des postulants.
La participation féminine demeure, en revanche, nettement plus faible. L’Autorité recense 19 327 femmes candidates, représentant 11,86% du total. Quant aux candidats titulaires d’un diplôme universitaire, ils sont 78 959, soit 48,48% de l’ensemble.
I. Khermane
