Le Parti des travailleurs (PT) a exprimé ses réserves concernant le rejet de plusieurs candidatures aux élections locales prévues le 28 novembre 2026. Dans un communiqué rendu public récemment, la formation politique a appelé le président de la République à intervenir afin de permettre aux candidats concernés de faire valoir leur droit à participer au scrutin.
Le parti fait état de décisions de rejet visant plusieurs profils, notamment des militants, des élus locaux, des jeunes candidats et des femmes engagées en politique. Il dénonce ce qu’il considère comme la reproduction d’«exclusions collectives destructrices», estimant que ces mesures risquent de compromettre la participation électorale et de fragiliser davantage la confiance dans le processus électoral.
Le PT relève que les motifs invoqués pour écarter les candidatures diffèrent de ceux avancés lors des élections législatives du 2 juillet dernier. Il dénonce notamment le recours à la notion d’«atteinte à la morale politique», qu’il juge insuffisamment précise pour justifier l’exclusion de candidats.
Selon le communiqué, cette justification aurait été utilisée pour rejeter la majorité des dossiers concernés, sans distinction suffisamment claire entre les profils des candidats. Le parti souligne également que les décisions viseraient des élus ayant exercé plusieurs mandats ainsi que des candidats dont les dossiers avaient été acceptés lors de précédentes élections législatives.
Le PT conteste, par ailleurs, la procédure suivie, affirmant que les décisions émanent d’une «commission spéciale» plutôt que de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie). Selon son interprétation, cette commission ne disposerait pas des prérogatives nécessaires pour mener des enquêtes de moralité, son rôle se limitant à transmettre les éléments concernés aux représentants des listes électorales.
Les décisions contestées feraient référence aux articles 1 et 184 de la loi électorale. Le parti estime toutefois que les exclusions prononcées vont à l’encontre de l’esprit de ces dispositions.
Le PT met en garde contre une crise de confiance
Face à cette situation, le Parti des travailleurs interpelle le président de la République, en sa qualité de garant de la Constitution, et lui demande d’intervenir pour rétablir dans leurs droits les candidates et candidats qu’il considère comme injustement exclus.
Le PT estime que l’Anie ne disposerait pas des prérogatives nécessaires pour annuler les décisions contestées ou prendre les mesures conservatoires appropriées. Il exprime également des réserves quant à d’éventuelles interférences dans les décisions des tribunaux administratifs, en se référant à son appréciation du déroulement des dernières élections législatives.
Au-delà du contentieux électoral, le parti met en garde contre les répercussions politiques de ces exclusions. Il estime qu’elles risquent d’accentuer la démobilisation des militants et des citoyens, de décourager l’engagement des jeunes et d’aggraver la défiance envers les institutions chargées de garantir la régularité du scrutin.
Le PT établit ainsi un lien entre ces décisions et le risque d’une abstention accrue, s’interrogeant sur la crédibilité d’élections dont le déroulement pourrait, selon lui, être affecté par des décisions prises en dehors du choix exprimé par les urnes.
Pour le Parti des travailleurs, le rétablissement du droit de candidature constitue une condition essentielle à la crédibilité des prochaines élections locales, au respect du pluralisme politique et au renforcement de la confiance des citoyens dans les institutions de l’État.
I. Khermane
