Les participants aux Assises nationales de la mémoire et de l’histoire ont souligné, hier, à Alger, le rôle stratégique de la mémoire nationale dans la protection de la souveraineté, la consolidation de l’identité algérienne et le renforcement de la cohésion sociale. Ils ont plaidé pour une approche scientifique et institutionnelle permettant de préserver le patrimoine historique et de le transmettre aux générations futures.
La mémoire nationale ne saurait se limiter à la préservation du passé et à la commémoration des événements historiques. Elle constitue désormais un enjeu de souveraineté, de sécurité nationale et de conscience stratégique. C’est le constat partagé par plusieurs intervenants lors des Assises nationales de la mémoire et de l’histoire, organisées à Alger, qui ont mis en avant la nécessité de renforcer les mécanismes de conservation, de documentation et de transmission de l’histoire nationale.
Intervenant à cette occasion, le professeur à l’Université d’Alger 2, Allal Bétour, a indiqué que le ministère des Moudjahidine et des Ayants droit avait élaboré une vision intégrée visant à évaluer le système national de la mémoire et de l’histoire, à valoriser ses acquis, à identifier ses insuffisances et à anticiper les besoins nécessaires à son développement.
Selon lui, cette démarche repose sur une conception renouvelée de la mémoire nationale, considérée comme une composante essentielle de la souveraineté nationale, de la sécurité sociétale et de la conscience stratégique du pays.
De son côté, l’expert et chercheur en géopolitique et en sécurité, Ahmed Mizab, a mis en évidence le rôle de la mémoire dans la construction de l’État, la préservation de son identité et le renforcement de sa cohésion sociale. Il a également insisté sur l’importance de protéger la souveraineté de l’Algérie sur la connaissance et le récit de son histoire.
Ces assises offrent, a-t-il estimé, l’occasion d’évaluer les efforts consentis par l’État et la société pour préserver la mémoire collective, consolider ses références historiques et assurer leur transmission entre les générations. Il s’agit également de faire de l’expérience de la lutte de libération nationale l’un des fondements de la personnalité algérienne.
La Constitution, un cadre de référence
Pour sa part, le coordinateur de la Commission nationale histoire et mémoire, Lahcen Zogidi, a rappelé la place singulière de l’histoire algérienne dans la mémoire collective nationale et internationale, évoquant le sacrifice du million et demi de martyrs durant la guerre de Libération nationale.
Il a souligné que la Constitution de novembre 2020 consacrait la préservation de l’histoire nationale et sa transmission aux générations futures. Son préambule insiste sur la nécessité de prendre soin de l’histoire, de la préserver et de contribuer à sa valorisation, tandis que ses dispositions confient à l’État la mission d’écrire l’histoire nationale et de la transmettre aux générations successives.
Lahcen Zogidi a également salué les engagements du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en faveur de la préservation de la mémoire nationale et de la récupération des biens et des éléments historiques spoliés à l’Algérie. Il a estimé que l’organisation de ces assises constituait une avancée importante pour instaurer un cadre scientifique, académique et méthodologique associant les différentes composantes de la société.
Vers une gouvernance nationale de la mémoire
De son côté, le directeur général des Archives nationales, Mohamed Bounâama, a insisté sur la nécessité d’adopter une démarche méthodique fondée notamment sur l’harmonisation de la terminologie relative à la mémoire nationale. Il a souligné que les orientations présidentielles concernant ces assises et la loi sur la mémoire visaient à fédérer les efforts des différents secteurs afin de constituer un fonds archivistique couvrant l’ensemble des périodes historiques et accessibles aux générations futures.
Dans le même sillage, le professeur en sciences politiques et de l’information à l’Université d’Ouargla, Bouhenia Gouï, a plaidé pour l’élaboration d’un modèle national de gouvernance de la mémoire et de l’histoire. Celui-ci permettrait de définir un cadre intellectuel et institutionnel cohérent pour collecter la mémoire collective, documenter les événements historiques et assurer leur transmission.
À travers ces différentes contributions, les participants ont mis en avant la nécessité de passer d’initiatives dispersées à une stratégie nationale coordonnée, fondée sur la recherche scientifique, la valorisation des archives et la mobilisation des institutions et de la société. L’enjeu est de faire de la mémoire nationale un levier durable de cohésion, de souveraineté et de transmission de l’héritage historique algérien.
