L’Algérie, la Tunisie et l’Égypte réclament des élections simultanées, le retrait des forces étrangères et une solution politique conduite par les Libyens, sous l’égide de l’ONU.
L’Algérie relance la concertation régionale autour du dossier libyen. Réunis dimanche 25 octobre à Alger, les chefs de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf, tunisienne, Mohamed Ali Nafti, et égyptienne, Badr Abdel Aati, ont réaffirmé le rôle central du mécanisme tripartite des pays voisins pour favoriser un règlement politique durable de la crise.
Les trois ministres ont insisté sur la nécessité de préserver l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye, tout en accélérant le processus politique afin de sortir le pays de ses divisions institutionnelles.
Des élections pour sortir de l’impasse
Alger, Tunis et Le Caire plaident pour l’organisation simultanée d’élections présidentielle et législatives, libres et transparentes, sur la base d’un cadre constitutionnel et juridique consensuel. L’objectif est de mettre fin aux transitions successives et de permettre l’émergence d’institutions légitimes, unifiées et stables.
Dans leur communiqué conjoint, les ministres ont soutenu les efforts onusiens et les initiatives internationales visant à faciliter l’organisation d’élections présidentielle et législatives libres et équitables, sur la base d’un cadre constitutionnel et juridique consensuel. Les trois capitales ont réitéré leur soutien aux efforts de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul), notamment à sa feuille de route annoncée le 21 août 2025, aux résultats du comité de dialogue restreint «4+4» et à l’accord-cadre signé le 30 août 2026.Elles soulignent,toutefois, que le processus doit rester inclusif, conduit par les Libyens eux-mêmes et fondé sur le dialogue et le consensus national.
Le retrait des forces étrangères exigé
Autre priorité affichée : mettre fin aux ingérences extérieures. Les trois pays réclament le retrait des forces étrangères, des mercenaires et des combattants étrangers présents sur le territoire libyen, considérant leur présence comme un facteur d’aggravation de la crise.
Ils appellent également à préserver les acquis du cessez-le-feu et à accélérer l’unification des institutions militaires et sécuritaires. La réconciliation nationale demeure, à leurs yeux, un levier essentiel pour consolider la stabilité, avec l’appui des Nations unies et de l’Union africaine.
Préserver les ressources libyennes
Sur le plan économique, les ministres ont plaidé pour la protection des ressources nationales et leur mobilisation au profit du développement et de l’amélioration des conditions de vie des Libyens.
Ils ont notamment insisté sur la préservation des avoirs financiers libyens gelés à l’étranger, le maintien de leur valeur et leur gestion conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Ils ont également appelé les parties libyennes à poursuivre la mise en œuvre du cadre de dépenses unifié pour 2026.
À l’issue de la réunion, les trois responsables ont convenu de poursuivre leur coordination dans les enceintes régionales et internationales. La prochaine réunion ministérielle du mécanisme tripartite se tiendra en Tunisie, à une date qui reste à fixer.
Cette relance diplomatique traduit la volonté d’Alger, de Tunis et du Caire de maintenir une approche régionale concertée face à une crise dont le règlement reste étroitement liéà la réunification des institutions libyennes et à l’organisation d’élections consensuelles.
Smail R.
