Entre juillet et septembre 2026, les exportations algériennes de gaz naturel liquéfié (GNL) ont atteint 1,57 million de tonnes, soit leur plus faible niveau trimestriel depuis au moins 2013, selon le dernier rapport de l’EnergyResearch Unit, basée à Washington.
Sur les neuf premiers mois de l’année, elles ont reculé de 13%, à 6,02 millions de tonnes, contre 6,92 millions de tonnes durant la même période en 2025.
Pourtant, en mai 2026, les exportations avaient dépassé le seuil du million de tonnes, atteignant leur plus haut niveau mensuel depuis octobre 2025. Une tendance baissière s’est ensuite installée durant l’été, avant un léger redressement en septembre.
Les raisons du recul
Selon Ahmed Chawki, directeur de l’EnergyResearch Unit, cette baisse s’explique principalement par les conditions météorologiques estivales. En juillet et en août 2026, le réseau électrique algérien a enregistré des pics historiques de consommation. Le gaz naturel assurant l’essentiel de la production nationale d’électricité, cette hausse de la demande intérieure a réduit les volumes disponibles pour alimenter les complexes de liquéfaction destinés à l’exportation.
Les installations ont également été confrontées à une baisse persistante des volumes de gaz acheminés depuis les champs de production. À cela s’est ajoutée la maintenance programmée du complexe de liquéfaction d’Arzew durant le mois d’août, qui a limité les capacités d’expédition et réduit le nombre de cargaisons disponibles à l’exportation.
Le solaire pour dégager des volumes exportables
Le recul des exportations de GNL au troisième trimestre 2026 s’inscrit ainsi dans un contexte de fortes contraintes sur la disponibilité du gaz. Pour y faire face, les autorités algériennes s’emploient à réduire la dépendance du secteur électrique aux hydrocarbures, notamment par le développement des énergies renouvelables.
Parallèlement aux efforts d’exploration et de production visant à accroître les volumes disponibles, l’Algérie accélère ses projets d’énergie solaire. L’objectif est de contribuer à la satisfaction de la demande nationale en électricité tout en limitant la consommation de gaz dans la production électrique. À terme, cette diversification du mix énergétique pourrait permettre de dégager des volumes supplémentaires pour l’exportation.
Des marchés européens toujours au rendez-vous
Malgré la contraction des exportations de GNL, l’Algérie maintient sa présence sur ses principaux marchés européens. La Turquie arrive en tête des destinations au troisième trimestre 2026, avec 700 000 tonnes importées, soit environ 45% des volumes exportés. Ses achats ont progressé de 11% sur un an, contre 630 000 tonnes durant la même période en 2025.
La France se classe au deuxième rang, avec 390 000 tonnes réceptionnées, suivie de l’Italie, dont les importations de GNL algérien ont atteint 200 000 tonnes.
La Croatie a également enregistré une forte progression de ses achats, passés de 60 000 à 130 000 tonnes en un an, soit une hausse de 117%. L’Espagne et le Royaume-Uni figurent aussi parmi les destinations desservies, avec une cargaison de 60 000 tonnes chacune. Les autres marchés ont absorbé un total de 150 000 tonnes au cours de la même période.
Les livraisons algériennes par gazoduc vers l’Europe ont atteint 78 millions de mètres cubes par jour au troisième trimestre 2026, contre 77 millions un an auparavant. Cette progression confirme la stabilité des approvisionnements, malgré le recul des exportations de GNL, lié notamment à la hausse de la consommation intérieure et aux opérations de maintenance. Le renforcement de la production nationale et le développement des énergies renouvelables restent essentiels pour préserver les capacités d’exportation.
S.Smati
