À travers les prévisions pour 2027, l’Algérie entend consolider ses capacités de production et renforcer la valorisation de ses ressources naturelles.
Dans le cadre de l’examen et du débat du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN) a entamé, hier, ses auditions sectorielles en recevant le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab. Au cours de cette audition, ce dernier a présenté un exposé détaillé sur le bilan des activités du secteur en 2026, ses perspectives de développement pour l’année à venir ainsi que le projet de budget pour 2027.
Fiscalité pétrolière : des recettes supérieures de 5,3 % aux prévisions
Présentant les résultats enregistrés en 2026, Mohamed Arkab a indiqué que les recettes de l’État issues des exportations d’hydrocarbures avaient atteint 37,5 milliards de dollars à fin septembre 2026. Ce résultat intervient dans un contexte marqué par les fluctuations des marchés pétroliers et gaziers internationaux, sur fond de tensions géopolitiques et de préoccupations liées à la sécurité des approvisionnements.
Le ministre a précisé que le prix moyen du pétrole brut algérien avait progressé de 37 % par rapport à la même période de 2025, pour s’établir à environ 97 dollars le baril. Le prix moyen du gaz algérien commercialisé s’est, quant à lui, établi à près de 11,3 dollars par million de BTU.
Par ailleurs, la fiscalité pétrolière a généré 2 841 milliards de dinars, dépassant de 5,3 % les prévisions de la loi de finances pour 2026, fixées à 2 698 milliards de dinars.
En revanche, la consommation nationale d’énergie s’est élevée à environ 59 millions de tonnes équivalent pétrole, sous l’effet principalement de la hausse de la demande de gaz et, dans une moindre mesure, de celle des produits pétroliers, notamment durant la vague de chaleur et les incendies qui ont touché le pays l’été dernier.
Pour 2027, le ministre a indiqué que les recettes prévisionnelles de la fiscalité pétrolière étaient estimées à 2 652 milliards de dinars, sur la base d’un prix de référence du pétrole fixé à 60 dollars le baril.
Investissements : 52 milliards de dollars consacrés aux activités en amont
Mohamed Arkab a précisé que l’enveloppe globale prévue pour le développement des activités du secteur des hydrocarbures s’élevait à 71,6 milliards de dollars. Sur ce montant, 52 milliards de dollars seront consacrés aux activités en amont, notamment l’exploration et la production, tandis qu’environ 13 milliards de dollars seront destinés aux projets de raffinage et de pétrochimie.
À travers ce programme, le secteur vise une production d’environ 201 millions de tonnes équivalent pétrole à l’horizon 2030. Un autre objectif majeur consiste à porter à plus de 50 % la part des hydrocarbures transformés et valorisés, contre environ 30 % actuellement, afin d’accroître la valeur ajoutée tirée des ressources nationales.
Plusieurs projets structurants sont prévus, notamment la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, une unité de production de méthyl tert-butyl éther (MTBE) à Arzew, une unité d’alkylbenzène linéaire (LAB) à Skikda, ainsi que des projets de production de polypropylène à Arzew et à Béthioua. Ces installations devraient contribuer au renforcement de l’industrie pétrochimique nationale et à une meilleure valorisation des ressources énergétiques du pays.
Sonatrach : plus de 6 milliards de dollars investis en 2026
Les investissements globaux de Sonatrach ont dépassé les 6 milliards de dollars en 2026, enregistrant une hausse de 21 % par rapport aux 5,3 milliards de dollars mobilisés en 2025.
Mohamed Arkab a également indiqué que Sonatrach avait réalisé 17 nouvelles découvertes grâce à ses propres moyens. Le groupe poursuit, en parallèle, le développement de ses partenariats avec plusieurs compagnies internationales, parmi lesquelles l’italienne Eni, l’indonésienne Pertamina, l’espagnole Repsol, la chinoise Sinopec et l’américaine Occidental Petroleum.
Parallèlement, l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT) a lancé l’appel d’offres international « Algeria Bid Round 2026 », portant sur sept périmètres d’exploration. Près de 60 entreprises ont manifesté leur intérêt pour cette opération, tandis que 21 sociétés ont satisfait aux conditions d’accès aux dossiers techniques et aux salles de données virtuelles, accessibles depuis le 1er juin 2026.
Dessalement : six nouvelles stations prévues à l’horizon 2030
Le ministre a également présenté le bilan et les perspectives du programme national de dessalement de l’eau de mer. L’Algérie compte actuellement 19 stations de dessalement, dont la capacité globale dépasse 3,8 millions de mètres cubes par jour. Ces installations couvrent environ 42 % de la demande nationale en eau potable.
À fin septembre 2026, la production des stations en exploitation avait progressé de 26 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Selon le ministre, le programme prévoit la réalisation de six nouvelles stations à l’horizon 2030, pour une capacité supplémentaire totale de 1,8 million de mètres cubes par jour. L’objectif est de porter à environ 60 % la part de la demande nationale en eau potable couverte par le dessalement.
S. Smati
