À l’approche des élections des Assemblées populaires communales (APC) et de wilaya (APW), prévues le 28 novembre 2026, l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) multiplie les contacts avec les formations politiques. Après le Front de libération nationale (FLN), le Rassemblement national démocratique (RND) a été reçu, hier, par le président de l’Anie, Sâdd Arous.
Ces rencontres, qui s’inscrivent dans le cadre des consultations engagées par l’Autorité avec les différents partis, interviennent à un moment où les formations politiques mettent en avant plusieurs exigences, notamment la transparence du scrutin, l’égalité des chances entre les candidats et la nécessité de tirer les enseignements des dernières élections législatives.
Une concertation en amont du scrutin
Au siège de l’Anie, Saïd Arous a reçu le secrétaire général du FLN, Abdelkrim Benmbarak, accompagné de plusieurs responsables de son parti. La rencontre s’est déroulée en présence de membres du conseil de l’Autorité.
Le président de l’Aniea également reçu, le même jour, le secrétaire général du RND, MondherBouden, à la tête d’une délégation de son parti, en présence de membres du conseil.
Ces entretiens font partie du calendrier de consultations mis en place par l’Anie avec les différentes formations politiques. L’objectif affiché est de renforcer le dialogue autour du processus électoral et de permettre aux partis de faire part de leurs préoccupations avant l’entrée dans les différentes phases du scrutin.
L’initiative intervient alors que le processus électoral des prochaines élections locales est désormais officiellement engagé. Le corps électoral a été convoqué pour le 28 novembre 2026, tandis que l’Anie poursuit ses préparatifs sous la direction de Saïd Arous, qui a récemment pris ses fonctions à la tête de l’Autorité.
Au-delà de leur portée institutionnelle, ces rencontres constituent pour les partis une occasion de remettre sur la table plusieurs revendications déjà exprimées concernant l’organisation et la supervision des scrutins.
Des garanties réclamées
À l’approche des prochaines élections locales, plusieurs partis politiques expriment leurs préoccupations quant aux conditions d’organisation du scrutin.
Le FFS appelle à éviter les dysfonctionnements relevés lors des dernières législatives, notamment dans le traitement des listes électorales et des candidatures, et plaide pour la préservation du droit de candidature et le renforcement de la confiance citoyenne.
Le MSP insiste sur la transparence du scrutin et la correction des insuffisances constatées, tandis qu’El-Bina préconise un dialogue régulier entre l’Autorité électorale et les partis, ainsi que l’égalité des chances et une meilleure communication.
Jil Jadid défend une compétition fondée sur les programmes et les compétences, dans un cadre marqué par la neutralité de l’administration et l’indépendance de l’Autorité électorale. Le PT s’intéresse, pour sa part, aux conditions de la campagne électorale, au regard de la situation socio-économique et des conséquences des incendies.
Le traitement des candidatures, un dossier sensible
Parmi les questions susceptibles d’alimenter les discussions, figure l’application des dispositions de la loi organique relative au régime électoral concernant les conditions de candidature et le traitement des dossiers.
Cette question revêt une importance particulière pour les élections locales, compte tenu du nombre important de listes que les partis devront présenter pour les APC et les APW. La loi électorale a, par ailleurs, fait l’objet de modifications en avril 2026, avec l’adoption de la loi organique n° 26-05 modifiant et complétant l’ordonnance n° 21-01 relative au régime électoral.
Dans ce contexte, plusieurs formations appellent à une application claire, uniforme et transparente des règles électorales. L’enjeu est d’éviter que le traitement des candidatures, notamment l’examen et l’éventuel rejet de certains dossiers, ne devienne une source supplémentaire de tensions ou de contestations.
À travers ces consultations, l’Anie cherche ainsi à maintenir le dialogue avec les acteurs politiques à l’approche d’un scrutin qui constitue une nouvelle étape du processus électoral. Pour les partis, l’enjeu sera désormais de transformer les préoccupations exprimées en garanties concrètes sur le terrain, notamment en matière de candidature, d’égalité de traitement et de transparence.
I. Khermane
