Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a appelé, hier, à Luanda, à faire de la lutte contre le terrorisme une priorité absolue de l’action africaine commune, face à l’aggravation de la menace et à son extension géographique, notamment dans la région du Sahel.
Dans un discours lu en son nom par le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, lors de la 21e session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA), consacrée au renforcement des mécanismes de prévention et de règlement des conflits en Afrique, le président Tebboune, en sa qualité de coordonnateur de l’Union africaine pour la prévention et la lutte contre le terrorisme, a insisté sur l’urgence d’une mobilisation continentale accrue contre ce fléau.
«Nous assistons à l’aggravation de la menace terroriste et à son expansion géographique sur notre continent africain, notamment dans la région du Sahel», a relevé le chef de l’État, estimant que cette évolution «renforce notre conviction que la lutte contre le phénomène du terrorisme doit demeurer au sommet des priorités de l’action africaine commune».
Pour le président Tebboune, la menace ne se limite désormais plus à une question sécuritaire. «L’expansion préoccupante du terrorisme ne menace pas seulement la paix, la sécurité et le développement de notre continent, mais affecte désormais l’existence même des États, leurs institutions et leur stabilité», a-t-il averti.
Cette situation impose, selon lui, de poursuivre le renforcement et la coordination des efforts à l’échelle continentale, mais aussi d’intensifier dans l’urgence l’action collective et l’échange d’informations et d’expertises entre les États membres de l’Union africaine.
L’objectif est de parvenir à «faire face efficacement à ce fléau et débarrasser notre continent des méfaits du terrorisme».
Renforcer les capacités africaines
Face à l’évolution de la menace, le président de la République a plaidé pour un renforcement des capacités opérationnelles de l’Union africaine. «Le renforcement des capacités opérationnelles de l’Union africaine est devenu une nécessité impérieuse pour faire face à cette évolution dangereuse de la menace terroriste dans notre continent», a-t-il affirmé.
Abdelmadjid Tebboune s’est, dans ce contexte, félicité des avancées enregistrées dans le renforcement des mécanismes de l’UA en matière de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Il a notamment cité l’adoption par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA du Plan d’action stratégique continental global de l’Union africaine pour la lutte contre le terrorisme en Afrique, ainsi que l’activation du sous-comité du Conseil de paix et de sécurité sur le terrorisme. Deux initiatives proposées par l’Algérie dans le cadre de son rôle de coordonnateur de l’Union africaine pour la prévention et la lutte contre le terrorisme, a-t-il rappelé.
Le chef de l’État a également appelé à doter les institutions continentales des moyens nécessaires pour leur permettre d’agir efficacement. Cela passe notamment par un renforcement de la coordination entre les différentes composantes de l’Architecture africaine de paix et de sécurité, en particulier la Force africaine en attente et ses composantes régionales, y compris les capacités régionales de l’Afrique du Nord en matière de lutte antiterroriste.
Dans son intervention, Abdelmadjid Tebboune a également insisté sur la nécessité d’un engagement accru de la communauté internationale. Les efforts africains visant à consolider le cadre institutionnel de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent «ne sauraient porter leurs fruits sans le soutien de la communauté internationale», a-t-il souligné.
La réponse au terrorisme ne saurait être exclusivement sécuritaire
Le président Tebboune a ainsi établi un lien direct entre la sécurité de l’Afrique et celle du reste du monde. «Le succès de l’Afrique dans la lutte contre ce fléau est un succès pour l’ensemble de la communauté internationale, tandis que l’échec aurait des conséquences désastreuses qui ne se limiteraient pas au seul continent africain», a-t-il prévenu.
Mais pour lui, la réponse au terrorisme ne peut être réduite à une approche exclusivement sécuritaire. Le président Tebboune a réaffirmé la nécessité de s’attaquer aux causes profondes du phénomène, une position régulièrement défendue par l’Algérie. «La lutte contre le terrorisme doit aller au-delà de la lutte contre ses manifestations visibles pour s’attaquer à ses causes profondes», a-t-il déclaré, appelant à prendre en compte de manière «cohérente et intégrée» les dimensions sécuritaire, politique et développementale.
L’Algérie réaffirme son engagement
En conclusion, le président Tebboune a réaffirmé sa détermination à poursuivre les efforts en faveur d’une action africaine commune plus efficace contre le terrorisme et l’extrémisme violent. «Je ne ménagerai aucun effort pour continuer à défendre et à promouvoir les efforts de notre continent dans la lutte contre ce fléau», a-t-il assuré, réaffirmant sa volonté de «poursuivre le renforcement, l’activation et la consolidation des mécanismes de l’action africaine commune».
L’objectif, a-t-il ajouté, est de permettre au continent et aux générations futures de bénéficier de la paix et de la sécurité et aux pays africains d’avancer «d’un pas ferme et confiant sur la voie du développement durable et du bien-être».
À travers cette intervention, l’Algérie réaffirme ainsi sa volonté de placer la lutte contre le terrorisme au cœur de l’agenda sécuritaire continental, alors que la progression des groupes terroristes dans plusieurs régions d’Afrique, particulièrement au Sahel, constitue l’un des principaux défis auxquels le continent est confronté.
S.M
