L’Algérie renforce ses mécanismes de lutte contre la corruption avec le lancement de nouvelles plateformes de signalement et la diversification des canaux mis à la disposition des citoyens. Une stratégie qui mise sur le numérique, la protection des lanceurs d’alerte et un meilleur accès aux dispositifs de signalement.
L’Algérie poursuit ses efforts visant à renforcer le dispositif national de prévention et de lutte contre la corruption, à travers notamment la diversification des mécanismes de signalement et l’accélération de la transformation numérique. Cette dynamique vise à faciliter l’accès des citoyens et des agents publics aux dispositifs de signalement des faits de corruption, tout en renforçant les actions de formation, de sensibilisation et de promotion des principes de transparence et d’intégrité au sein des institutions publiques.
Dans ce cadre, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale vient de lancer une nouvelle plateforme numérique dédiée au signalement des faits de corruption. Baptisée «Tabligh», cette plateforme est accessible via le site officiel du ministère.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de transparence et de prévention et de lutte contre la corruption. Elle vise à permettre aux usagers de signaler les éventuels faits de corruption auxquels ils pourraient être confrontés dans leurs relations avec l’administration centrale, les services déconcentrés ou encore les établissements placés sous la tutelle du ministère.
Conçue pour être simple et accessible, la plateforme est accompagnée d’un guide d’utilisation destinéà faciliter les démarches des citoyens. Le dispositif permet ainsi d’effectuer des signalements de manière rapide, instantanée et sécurisée.
Le ministère assure, par ailleurs, que des mesures ont été prévues pour garantir la protection des informations personnelles des lanceurs d’alerte, dans le souci de renforcer la confiance des usagers et de contribuer aux efforts de prévention et de lutte contre la corruption.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des actions engagées par la Haute-Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption, qui a également mis en place une application mobile baptisée «Allo Balaghna», dédiée au signalement des faits de corruption.
La Haute-Autorité encourage les citoyens et les agents publics à recourir à cet outil numérique. Une vidéo explicative, disponible en trois langues, a, par ailleurs, été mise en ligne sur sa chaîne officielle YouTube afin de présenter les modalités d’utilisation de l’application.
En complément, la Haute-Autorité a mis à la disposition du public le numéro vert gratuit 1027, accessible durant les jours ouvrables. Ce service permet d’obtenir des informations sur les procédures et les conditions de signalement, mais également de bénéficier d’un accompagnement, d’une orientation et de renseignements concernant les dossiers déposés.
Des exigences légales
Le traitement des signalements est soumis à un ensemble de conditions légales et réglementaires. Le signalement doit notamment être présenté par écrit et signé. Il doit également comporter les informations nécessaires à l’identification du lanceur d’alerte, ainsi que les éléments factuels, données et preuves disponibles concernant les faits de corruption dénoncés.
En contrepartie, la Haute-Autorité s’engage à assurer la confidentialité des informations relatives à l’identité du lanceur d’alerte. Elle rappelle, toutefois, que le droit de signalement doit être exercé de manière responsable, dans le respect des dispositions légales et dans l’objectif de préserver l’intérêt général.
Plusieurs modalités de dépôt sont proposées, notamment par courrier postal ou électronique, par fax ou directement auprès du siège de la Haute-Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption.
25 dossiers examinés au premier semestre
Les mécanismes de signalement de la Haute-Autorité ont permis l’examen de 25 dossiers au premier semestre 2026, tandis que l’OCRC a reçu, en quatre ans, 5 309 signalements, ayant conduit au traitement de 68 affaires. Ces procédures ont notamment donné lieu à 159 interdictions de sortie du territoire, 33 gels de comptes, 16 saisies immobilières et 2 048 réquisitions. Ces chiffres illustrent le rôle croissant des signalements dans la détection, la vérification et le traitement des faits présumés de corruption.
À travers le développement des plateformes numériques, la diversification des canaux de signalement, la protection des lanceurs d’alerte, la formation des agents publics et la sensibilisation des jeunes générations, l’Algérie cherche ainsi à consolider une approche globale de prévention de la corruption.
Cette stratégie repose sur une complémentarité entre prévention, sensibilisation, signalement, numérisation, contrôle et évaluation des performances institutionnelles. Elle traduit la volonté de renforcer la transparence et l’intégrité dans la gestion publique et de faire du citoyen un acteur à part entière de la protection de l’intérêt général et des deniers publics.
Smail Rouha
