Tarifs, chauffeurs suppléants, ceinture de sécurité et certificat de capacité professionnelle, le Syndicat national des transporteurs par taxihausse le ton et appelle à des mesures concrètes.
Le Syndicat national des transporteurs par taxi (SNTT) interpelle, une nouvelle fois, les pouvoirs publics. Dans une correspondance adressée au ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, l’organisation syndicale réclame une intervention «urgente et équitable» sur plusieurs dossiers qu’elle juge déterminants pour l’avenir de la profession.
Parmi les principales préoccupations soulevées figurent la situation des chauffeurs suppléants, l’application des nouvelles dispositions du code de la route, le certificat de capacité professionnelle et, surtout, la révision des tarifs des courses.
La situation des chauffeurs suppléants constitue l’un des principaux dossiers mis en avant par le SNTT. Le syndicat demande une solution définitive permettant à ces travailleurs de sortir d’une situation qu’il qualifie de précaire et d’accéder à un cadre professionnel stable et clairement défini.
Pour le syndicat, ces chauffeurs ont assuré pendant des années la continuité du service et jouent un rôle important dans le fonctionnement quotidien du secteur. Il estime dès lors nécessaire de trouver une réponse réglementaire qui permette à la fois de répondre aux besoins d’organisation de la profession et de préserver les emplois concernés.
Le SNTT appelle ainsi les autorités compétentes à prendre une décision claire afin de mettre un terme à une situation qui perdure.
Des clarifications sur la ceinture de sécurité
Autre sujet de préoccupation : l’application des dispositions relatives au port de la ceinture de sécurité par les passagers installés à l’arrière des taxis.
Le SNTT conteste notamment la responsabilité qui pourrait être imputée au chauffeur lorsqu’un passager ne respecte pas cette obligation. Selon les professionnels, le conducteur ne serait pas toujours en mesure de contrôler le comportement de chaque passager, particulièrement dans les conditions réelles d’exercice de leur activité.
Le syndicat affirme que certains chauffeurs auraient déjà été verbalisés pour ce motif. Il demande donc une clarification officielle des règles applicables afin d’éviter des interprétations divergentes sur le terrain.
L’enjeu, selon le SNTT, est de définir précisément les responsabilités du conducteur et celles du passager.
Le certificat de capacité professionnelle en question
Le certificat de capacité professionnelle figure également parmi les dossiers pour lesquels le syndicat réclame des éclaircissements.
Le SNTT souhaite notamment que les obligations imposées aux chauffeurs soient clairement précisées, alors que l’accès à la profession est déjà soumis à des conditions de formation et de qualification.
Une instruction officielle, estime le syndicat, permettrait de lever les ambiguïtés et de garantir une application uniforme de la réglementation par les différents services chargés de son contrôle.
La tarification, principale revendication
Mais c’est surtout la question des tarifs qui cristallise les inquiétudes des professionnels.
Les chauffeurs de taxi mettent en avant l’augmentation de leurs charges d’exploitation, notamment le carburant, les pièces de rechange, l’entretien des véhicules et les assurances, auxquels s’ajoute la hausse générale du coût de la vie.
La révision des tarifs avait déjà fait l’objet de discussions avec les pouvoirs publics. Début janvier 2026, le SNTT avait d’ailleurs annoncé qu’un accord de principe avait été trouvé pour une augmentation officielle des tarifs des transports, dans le contexte de la hausse des prix des carburants et des revendications des transporteurs.
Pour les professionnels du taxi, l’enjeu reste désormais de concrétiser cette révision tarifaire. Ils estiment que le maintien des tarifs actuels fragilise davantage l’équilibre économique de leur activité.
Le SNTT défend ainsi l’idée qu’une revalorisation des tarifs ne doit pas être considérée comme une simple augmentation du coût du transport pour l’usager, mais comme une mesure destinée à préserver la viabilité économique d’un secteur confronté à la hausse continue de ses charges.
Préserver l’équilibre entre professionnels et usagers
La question tarifaire demeure toutefois particulièrement sensible. Toute augmentation doit nécessairement prendre en considération le pouvoir d’achat des citoyens, tandis que les chauffeurs réclament des conditions économiques leur permettant de poursuivre leur activité dans des conditions viables.
C’est autour de cet équilibre que le SNTT souhaite poursuivre le dialogue avec les pouvoirs publics.
Le syndicat se dit disposé à participer à une concertation visant à dégager des solutions «réalistes et durables». Il demande surtout que les différentes préoccupations soulevées débouchent sur des décisions concrètes et un cadre réglementaire plus clair.
Des décisions désormais attendues
À travers cette démarche, le SNTT entend obtenir des réponses précises sur plusieurs dossiers qui affectent directement les conditions d’exercice des chauffeurs de taxi.
Si la révision des tarifs demeure la revendication la plus urgente, les questions liées aux chauffeurs suppléants, à la ceinture de sécurité et au certificat de capacité professionnelle traduisent, elles aussi, la volonté des professionnels de disposer d’un cadre plus lisible et mieux adapté aux réalités du terrain.
Les prochaines décisions des pouvoirs publics sont donc attendues avec attention par le secteur. Pour les représentants des taxis, l’enjeu est désormais de passer des engagements à des mesures concrètes, à travers une concertation susceptible de restaurer la confiance et de garantir la pérennité d’un service essentiel au quotidien des citoyens.
Assia M.
