Longtemps perçues comme de simples structures de représentation, les associations professionnelles entendent, désormais, s’imposer comme des partenaires essentiels de la croissance économique.
Les associations professionnelles sont appelées à jouer un rôle plus actif dans la dynamique économique nationale. C’est le message central qui s’est dégagé de la rencontre organisée, hier, par l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA) au Palais des expositions (Safex) à Alger, autour du thème du rôle de ces organisations dans l’accompagnement du développement économique.
Cette rencontre a réuni des représentants d’organisations professionnelles, des opérateurs économiques, des commerçants, des artisans ainsi que de jeunes porteurs de projets. Elle a permis de débattre des principaux défis auxquels est confronté le tissu économique national et des moyens à mettre en œuvre pour renforcer l’accompagnement des entreprises.
Pour les participants, les associations professionnelles ne peuvent plus se limiter à un rôle de représentation. Elles doivent, désormais, s’imposer comme de véritables partenaires économiques, capables de contribuer à l’amélioration du climat des affaires, à la modernisation des pratiques professionnelles et à la promotion d’une culture entrepreneuriale adaptée aux nouvelles exigences du marché.
Le président de l’ANCA, Tahar Boulenouar, a rappelé, à cette occasion, les actions engagées par l’association pour soutenir les commerçants et les artisans. Il a notamment cité la conclusion de plusieurs conventions de partenariat avec des entreprises, particulièrement dans les secteurs des assurances et de l’hôtellerie. Ces accords visent à offrir des services avantageux aux adhérents et à réduire certains coûts liés à leurs activités professionnelles.
Un rôle renforcé dans l’accompagnement des entreprises
Au cours des échanges, les intervenants ont mis en avant la contribution des associations professionnelles au renforcement des compétences et à l’amélioration des performances des entreprises. À travers la formation continue, la diffusion des normes de qualité et l’accompagnement technique, ces structures peuvent participer activement à la professionnalisation du tissu économique.
Les participants ont également insisté sur l’importance de renforcer la concertation entre les entreprises, les associations professionnelles et les pouvoirs publics. Un dialogue plus étroit permettrait, selon eux, de mieux identifier les difficultés rencontrées par les commerçants, les artisans et les petites entreprises, notamment en matière de procédures administratives, d’accès au financement, de modernisation des activités et de transition numérique.
«Les associations de métiers constituent aujourd’hui un maillon essentiel entre les institutions et les professionnels», a estimé l’un des intervenants, rappelant que ces organisations disposent d’une connaissance directe des réalités du terrain et peuvent formuler des propositions concrètes pour améliorer l’environnement économique.
Soutien à la production nationale
La promotion du produit national a été au cœur des échanges, avec un appel à renforcer la présence des producteurs et artisans algériens dans les manifestations économiques et à développer des réseaux de coopération entre secteurs.
Les associations professionnelles sont appelées à faciliter les partenariats avec les universités, les centres de formation et les structures d’accompagnement afin de stimuler l’innovation et l’emploi des jeunes diplômés. Les participants ont également insisté sur l’importance d’accompagner les entreprises vers les marchés africains à travers des missions économiques, des rencontres B2B et des actions de promotion à l’étranger. L’ANCA a rappelé les avantages fiscaux liés aux exportations, destinés à améliorer la compétitivité des entreprises algériennes.
La transition numérique au cœur des priorités
Les débats ont également abordé l’intégration des acteurs de l’économie informelle, avec les mesures prévues par la loi de finances 2026 pour faciliter leur passage vers le secteur formel et leur accès aux financements, services financiers et à la protection sociale.
La numérisation des services fiscaux a été présentée comme un outil majeur de modernisation, nécessitant une meilleure utilisation des plateformes électroniques par les contribuables. Le rôle des experts-comptables, commissaires aux comptes et conseillers fiscaux a été souligné dans l’accompagnement des entreprises et la promotion des outils numériques. Cette rencontre confirme l’engagement des associations professionnelles à soutenir la transformation économique et à favoriser un climat propice à l’investissement et à l’entrepreneuriat.
I. Khermane
