La ruée des grands jours n’a pas encore eu lieu cette année en Tunisie, destination estivale privilégiée des Algériens, contrairement aux saisons précédentes. Comme chaque été, des centaines de milliers d’Algériens traversent la frontière pour y passer leurs vacances.
Entre juin et la mi-juillet, près de 1,2 million de touristes algériens ont déjà visité la Tunisie. Le poste frontalier de Melloula (Tabarka) demeure le principal point de passage terrestre, avec plus de 60 000 voyageurs enregistrés en quelques semaines.
Toutefois, le record de près de 4 millions d’entrées algériennes enregistré en 2025 pourrait ne pas être atteint cette année. Les professionnels du secteur constatent un ralentissement de l’afflux, lié à plusieurs facteurs.
Une saison freinée par de nouvelles contraintes
Depuis l’entrée en vigueur, fin 2025, de nouvelles dispositions encadrant les voyages organisés par voie terrestre, les agences de voyages font face à une saison plus difficile. Les autorités algériennes ont instauré une autorisation préalable obligatoire pour les voyages organisés vers la Tunisie.
Les agences doivent désormais déposer les demandes d’autorisation de sortie du territoire au moins quinze jours avant la date de départ, ce qui bloque les réservations de dernière minute, très fréquentes pour ce type de séjours.
Les professionnels évoquent également les nouvelles exigences imposées aux moyens de transport. Les minibus de 18 places, auparavant largement utilisés, ne sont plus autorisés pour les voyages organisés. Les agences doivent désormais recourir à des autocars de plus de 32 places, entraînant une hausse importante des coûts de transport. Les transporteurs cherchent également à compenser la réduction du nombre de rotations autorisées.
Cette situation se répercute directement sur les prix des séjours. Alors que plusieurs agences proposaient l’été dernier des forfaits vers la Tunisie à partir de 35 000 DA, les offres débutent désormais autour de 45 000 DA. À cette augmentation s’ajoute la hausse des tarifs des hôtels tunisiens, qui pèse davantage sur le budget des vacanciers.
Les contrôles renforcés appliqués aux bus organisés expliquent également une partie du recul observé cette saison. En revanche, les voyageurs ont constaté des délais d’attente plus courts au poste-frontière d’Oum Tboul par rapport aux étés précédents.
Face à cette baisse de fréquentation, les autorités tunisiennes multiplient les initiatives pour séduire la clientèle algérienne. Le ministère tunisien du Tourisme a lancé une campagne proposant des réductions pouvant atteindre 55 % dans certains hôtels, avec des offres spécialement adaptées aux familles algériennes. De leur côté, les consulats d’Algérie en Tunisie ont élargi leurs horaires d’ouverture afin d’améliorer l’accueil et l’accompagnement des ressortissants algériens durant la saison estivale.
La région de Tabarka-Aïn Draham, dans le gouvernorat de Jendouba, prépare également une nouvelle attraction touristique avec le lancement de vols touristiques en hélicoptère permettant de découvrir les paysages du nord-ouest tunisien, entre littoral méditerranéen, forêts et montagnes situées à proximité de la frontière algérienne.
L’allocation touristique reste inchangée
Malgré ces difficultés, la Tunisie demeure l’une des destinations étrangères les plus prisées des Algériens grâce à sa proximité géographique, à son offre diversifiée et à des tarifs qui restent, dans l’ensemble, plus accessibles que ceux de nombreuses autres destinations.
Par ailleurs, les nouvelles taxes appliquées par la Tunisie aux véhicules étrangers depuis le début de l’année 2026 restent en vigueur.
S’agissant de l’allocation touristique, aucune modification n’a été apportée au dispositif instauré par la Banque d’Algérie. Les voyageurs algériens majeurs continuent de bénéficier d’une allocation annuelle de 750 euros, utilisable notamment pour les déplacements par voie terrestre, conformément aux dispositions en vigueur depuis juillet 2025. Les autorités rappellent toutefois leur vigilance face aux tentatives d’abus ou de détournement de ce dispositif.
H.A.
