«Il n’y a pas d’intégrité sans justice, pas de développement sans confiance et pas de confiance sans transparence», a réaffirmé Salima Mousserati.
Les travaux d’une journée d’étude consacrée à l’indice de performance de l’intégrité Nazaha se sont ouverts, hier, à Alger, à l’occasion de la Journée africaine de lutte contre la corruption, célébrée cette année sous le thème :
«De l’évaluation des efforts de lutte contre la corruption dans le secteur administratif public à la consolidation des règles de conformité dans le secteur économique.»
La cérémonie d’ouverture a été présidée par la présidente de la Haute-Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC), Salima Mousserati, en présence du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, de plusieurs membres du gouvernement, ainsi que de représentants d’institutions nationales, de l’Organisation des Nations unies et de l’Union africaine.
Dans son allocution, SalimaMousserati a affirmé que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fait de la transparence, de la bonne gouvernance, de la transformation numérique et de l’amélioration du climat des affaires les principaux axes de la réforme institutionnelle engagée par l’État.
Elle a souligné que cette vision place la lutte contre la corruption au rang des priorités nationales, en tant que levier du développement durable, de la protection des deniers publics et du renforcement de la confiance dans les institutions.
Selon la responsable, la corruption constitue un obstacle majeur au développement économique et social. Elle fragilise les institutions et altère la relation de confiance entre l’administration et le citoyen. Elle a estimé que la lutte contre ce phénomène est désormais une responsabilité «collective», qui dépasse le cadre national pour s’inscrire dans une dynamique continentale et internationale.
«Il n’y a pas d’intégrité sans justice, pas de développement sans confiance et pas de confiance sans transparence», a-t-elle déclaré, plaidant pour une mobilisation permanente de l’ensemble des acteurs publics et privés.
L’indice Nazaha, un nouvel outil d’évaluation
Salima Mousserati a annoncé la mise en place d’un mécanisme national d’évaluation du système d’intégrité reposant sur l’indice de performance Nazaha, conçu comme un instrument de mesure de l’efficacité des politiques publiques en matière de prévention de la corruption.
Cet indicateur, auquel participent plusieurs institutions nationales, vise à renforcer la culture de la conformité, à améliorer la gouvernance administrative et économique, ainsi qu’à accroître la compétitivité des entreprises dans un contexte marqué par les profondes mutations que connaît le pays.
Elle a précisé que les engagements internationaux et africains de l’Algérie en matière de lutte contre la corruption s’inscrivent dans une démarche de réforme institutionnelle durable, et non dans une simple logique de conformité juridique.
Une reconnaissance africaine
La présidente de la HATPLC a également rappelé que l’Algérie poursuit une participation active au sein des instances africaines spécialisées. Elle a cité son élection au poste de deuxième vice-présidente de l’Association africaine des autorités de lutte contre la corruption, lors de l’assemblée générale tenue à Nairobi à la fin du mois de juin.
Elle a considéré cette distinction comme une reconnaissance de l’expérience algérienne dans la promotion de l’intégrité, de la transparence et de la bonne gouvernance.
Elle a, en outre, réaffirmé la volonté de l’Algérie de partager son expertise avec les pays africains afin de contribuer à l’élaboration d’une stratégie continentale plus efficace en matière de prévention et de lutte contre la corruption.
Un enjeu économique majeur
Les travaux de cette rencontre ont porté sur l’évaluation des politiques publiques de lutte contre la corruption dans les administrations, le renforcement des dispositifs de conformité au sein des entreprises, ainsi que sur les expériences développées par plusieurs pays africains dans ce domaine.
Au-delà de son volet institutionnel, la rencontre a mis en évidence les conséquences économiques de la corruption. Selon les estimations de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), le continent perd chaque année plus de 50 milliards de dollars en raison des flux financiers illicites. Ce phénomène freine la croissance, affaiblit les institutions et réduit les capacités de financement du développement.
Les participants ont également examiné les moyens de protéger les ressources africaines contre les circuits financiers illicites et de renforcer la mise en œuvre de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption.
Les échanges ont insisté sur la nécessité d’harmoniser les politiques publiques, de consolider les mécanismes d’évaluation et de favoriser le partage des bonnes pratiques afin d’ancrer durablement une culture de l’intégrité à l’échelle du continent.
Assia M.
