Réagissant aux résultats provisoires des élections législatives, le président du MSP estime que le principal enseignement du scrutin réside dans le niveau élevé de l’abstention, qu’il interprète comme un signe de crise de confiance entre les citoyens et les institutions.
Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abdelali Hassani Chérif, a livré sa lecture des résultats provisoires des élections législatives, plaçant l’abstention au centre de son analyse. Pour lui, le principal enseignement du scrutin ne réside pas dans le recul enregistré par son parti, mais dans la faible participation des électeurs, qu’il considère comme le signe d’une profonde crise de confiance entre les citoyens et les institutions.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège du parti, le président du MSP a rejeté l’idée d’un simple revers électoral pour sa formation. «La véritable question est de savoir si le mouvement a reculé ou s’il a fait l’objet d’une opération de rétrécissement politique», a-t-il déclaré, estimant que le parti devra également procéder à une évaluation interne de ses résultats et de ses choix.
Pour Abdelali Hassani Chérif, le faible taux de participation constitue le fait politique majeur de ces législatives. Il estime que l’abstention ne traduit pas un désintérêt pour les partis en compétition, mais plutôt une défiance croissante envers le système politique.
«L’abstention est un message politique adressé au pouvoir et non aux partis», a-t-il affirmé, contestant ainsi les analyses qui imputent la démobilisation électorale à la seule incapacité des formations politiques à convaincre les citoyens.
Le président du MSP a rappelé que son mouvement avait choisi comme slogan de campagne «la confiance», estimant que les résultats du scrutin confirment, selon lui, l’existence d’une «crise de confiance chronique» qui s’installe d’une échéance électorale à l’autre.
Selon lui, l’abstention est devenue une forme d’expression politique et un signal d’alerte que les autorités doivent prendre en considération, plutôt qu’une simple donnée statistique.
La légitimité institutionnelle en question
Abdelali Hassani Cherif a également évoqué les conséquences d’une faible mobilisation électorale sur la légitimité des institutions issues des urnes. Il estime qu’un Parlement élu avec une participation avoisinant les
20% pourrait voir sa représentativité et la portée de ses décisions fragilisées.
«Des institutions issues d’une participation de 20% auront une crédibilité incomplète et des décisions fragilisées», a-t-il déclaré, mettant en garde contre le risque d’un éloignement accru entre les citoyens et leurs représentants.
Selon lui, la persistance d’une abstention élevée pourrait affecter durablement la relation entre l’État et la société, en alimentant un sentiment de déconnexion politique.
Des responsabilités assumées
Concernant les résultats de son parti, Abdelali Hassani Chérif a assuré que le MSP procédera à une analyse approfondie de sa performance électorale.
«Nous assumerons toutes nos responsabilités. Si cela implique un changement de direction, nous l’assumerons également», a-t-il déclaré, affirmant que le Mouvement ne cherchait pas à éviter l’autocritique.
Il a, toutefois, défendu l’ancrage national du MSP, rappelant que la formation a connu plusieurs phases de progression et de recul depuis l’ouverture du pluralisme politique en Algérie.
Le choix de la voie électorale maintenu
Malgré ses critiques à l’égard du processus électoral, Abdelali Hassani Chérif a réaffirmé l’attachement de son parti à la voie des urnes comme moyen de parvenir au changement politique.
Le MSP continuera, selon lui, à défendre des élections transparentes, une concurrence équitable entre les formations politiques et une autorité électorale indépendante.
En conclusion, le président du MSP a appelé à une réforme politique visant à restaurer la confiance des citoyens et à renforcer la légitimité des institutions, estimant que la participation populaire demeure l’un des principaux défis auxquels le pays doit répondre.
I. Khermane
