La campagne pour les élections législatives du 2 juillet a été marquée par une forte convergence des principales formations politiques autour de thématiques jugées structurantes pour l’avenir du pays, notamment la gouvernance, la réforme politique, la préservation de l’identité nationale et le renforcement de l’unité nationale.
Dans leurs différents programmes et interventions de terrain, plusieurs partis ont présenté leur vision pour répondre aux défis institutionnels, économiques et sociaux, dans un contexte où la question de la confiance entre les citoyens et les institutions demeure centrale.
MSP : Efficacité, décentralisation et cohésion sociale
Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) a placé la réforme politique au cœur de sa campagne. Le parti plaide pour un renforcement du rôle du Parlement, qu’il souhaite voir pleinement investi de ses prérogatives législatives et de contrôle de l’action gouvernementale. Il insiste notamment sur la nécessité de dynamiser les mécanismes de contrôle à travers les questions parlementaires, l’évaluation des politiques publiques et la création de commissions d’enquête.
Dans cette même logique, le MSP appelle à consolider la séparation des pouvoirs et à garantir l’indépendance des pouvoirs judiciaire et législatif, considérant ces équilibres essentiels au rétablissement de la confiance dans les institutions.
La lutte contre la corruption et la bureaucratie constitue un autre axe majeur du programme du parti. Le MSP propose notamment la numérisation de l’administration, la simplification des procédures ainsi que le renforcement des mécanismes de transparence dans la gestion des finances et des marchés publics.
Le parti met également en avant la modernisation du service public à travers le développement des outils numériques, afin de rapprocher l’administration du citoyen et de réduire les risques de pratiques informelles.
Sur le plan politique, le MSP insiste sur l’élargissement de la participation citoyenne, notamment celle des jeunes et des femmes, ainsi que sur une meilleure implication de la société civile dans l’élaboration des politiques publiques. Il appelle également à renforcer les prérogatives des collectivités locales afin de favoriser un développement plus équilibré à l’échelle nationale.
La question de l’identité nationale occupe également une place importante dans les discours de campagne. Le parti souligne la nécessité de préserver les constantes nationales, à savoir l’Islam, les langues arabe et amazigh, ainsi que la mémoire historique liée à la guerre de Libération nationale.
Selon le MSP, ces éléments constituent les fondements essentiels de la cohésion sociale et de l’unité nationale, au-delà de leur seule dimension culturelle.
El Bina : Stabilité et «gouvernement de la cohésion»
De son côté, le Mouvement El-Bina El-Watani met en avant la nécessité de «consolider le front intérieur» et de soutenir le processus de construction d’une «Algérie victorieuse». Le parti insiste sur l’importance de la stabilité politique et institutionnelle comme condition préalable à toute politique de développement.
Dans ses interventions de campagne, cette formation appelle à renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions, tout en encourageant une plus grande participation politique afin d’élargir la base de soutien au processus de réforme.
Elle souligne également la nécessité de préserver la cohésion nationale face aux défis internes et externes, estimant que l’efficacité des institutions constitue un levier essentiel pour répondre aux attentes sociales et économiques.
FLN : Entre continuité et unité nationale
Le Front de libération nationale (FLN), pour sa part, met l’accent sur la poursuite des réformes politiques et institutionnelles, notamment le renforcement de l’État de droit et l’amélioration du fonctionnement des institutions élues, en particulier du Parlement. Le parti insiste sur la promotion de la transparence et du contrôle de l’action gouvernementale, tout en appelant à une participation accrue des jeunes et des femmes à la vie politique.
Sur le plan identitaire, le FLN réaffirme son attachement aux constantes nationales consacrées par la Constitution, à savoir l’Islam, l’arabité, l’amazighité et la mémoire de la Révolution algérienne. Il met également en avant la nécessité de préserver l’unité nationale et de lutter contre les discours de division, de régionalisme et de toutes les formes d’atteinte à la cohésion nationale.
I. Khermane
