Les anticorps monoclonaux sont utilisés pour traiter différents types de cancers.
Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouassim Kouidri, a procédé, jeudi, à Oran, à l’inauguration de la première unité spécialisée dans la fabrication d’anticorps monoclonaux en Algérie. Cette unité est la première du genre au niveau national et la deuxième en Afrique.
Selon les explications fournies sur place, ce projet est le fruit d’un partenariat entre Orion Lab et l’un des laboratoires internationaux leaders dans ce domaine. Il vise à développer les capacités de production locale d’anticorps monoclonaux, des protéines produites en laboratoire qui imitent les anticorps naturels sécrétés par le système immunitaire. Ces anticorps sont conçus pour reconnaître et cibler avec précision des molécules ou des cellules spécifiques. Ces traitements figurent parmi les thérapies biologiques les plus innovantes et les plus utilisées pour traiter de nombreuses maladies.
Lors de la cérémonie d’inauguration, le ministre de l’Industrie pharmaceutique a affirmé que cette usine de production de médicaments biologiques anticancéreux représente une étape historique dans le développement de l’industrie pharmaceutique nationale. Il a souligné que cette réalisation témoigne de la ferme volonté de l’État de renforcer la souveraineté sanitaire, de développer localement les biotechnologies de pointe et de proposer des traitements innovants aux patients atteints de cancer sur le territoire national.
Le ministre a, par ailleurs, indiqué que ce projet s’inscrit dans le cadre des directives stratégiques du président de la République, visant à renforcer la prise en charge des patients atteints de cancer et à développer la production nationale de médicaments à haute valeur ajoutée, conformément aux objectifs du Plan national de lutte contre le cancer. Il a ajouté que cette réalisation témoigne de l’engagement des pouvoirs publics à soutenir une industrie pharmaceutique nationale innovante, efficace et durable.
Il a précisé que ce projet représente non seulement un investissement industriel, mais aussi un investissement dans la santé des citoyens, dans l’avenir de la recherche et de l’innovation, ainsi qu’une étape qualitative vers la consolidation de la position de l’Algérie en tant qu’acteur régional dans le domaine des industries pharmaceutiques à haute valeur ajoutée.
Diagnostic : une nouvelle unité dédiée
Le ministre de l’Industrie pharmaceutique a également inauguré, le même jour, une nouvelle unité de production spécialisée dans la fabrication de kits de diagnostic rapide à usage humain. Cette infrastructure s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités nationales en matière de diagnostic précoce et précis des maladies.
Relevant du groupe public Saidal, cette nouvelle unité constitue un projet stratégique visant à développer une industrie pharmaceutique nationale intégrée, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, du diagnostic au traitement, et réduisant le recours aux produits importés.
Elle prévoit de porter sa production de réactifs de 32 types dans une première phase à près de 300 à terme, afin de couvrir un large éventail de pathologies relevant de la santé humaine, animale et végétale.
L’Algérie, un pôle régional en devenir
L’Algérie est aujourd’hui «le premier pays africain en nombre d’unités de production pharmaceutique » et ambitionne de devenir un pôle régional de l’industrie pharmaceutique.
Le ministère, en coordination avec le groupe Saidal, étudie la possibilité de produire localement les matières premières entrant dans la fabrication des médicaments essentiels figurant dans la nomenclature nationale, qui compte environ 350 médicaments, dans l’objectif de renforcer la souveraineté pharmaceutique et de réduire la dépendance aux importations.
Concernant l’ouverture vers les marchés africains, l’Algérie a atteint un stade avancé dans le processus d’évaluation de la maturité de son système réglementaire pharmaceutique par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avec un taux d’avancement avoisinant les 90%, ce qui devrait faciliter l’enregistrement des médicaments algériens à l’international, notamment en Afrique.
S. Smati
