La délivrance de visas par les autorités françaises aux Algériens devrait retrouver son rythme habituel dans les jours à venir et revenir ainsi à son rythme d’avant la crise.
Cette reprise interviendra une fois le retour des effectifs des consulats de France à leurs postes. Selon une source citée hier par un média algérien, l’ambassade de France en Algérie a, en effet, perdu près d’un tiers de ses employés consulaires entre 2024 et 2025.
De plus, d’autres sources ont indiqué que des accréditations ont été accordées par l’Algérie à de nouveaux agents consulaires français qui devraient rejoindre leurs postes prochainement. Ce n’est donc qu’une question de temps avant que les agents consulaires accrédités reprennent service au niveau des consulats de France en Algérie, ce qui va permettre la délivrance de plus de visas aux demandeurs algériens.
«Dès que nous aurons retrouver le niveau d’effectif d’avant, nous pourrons à nouveau délivrer le nombre normal de visas», ajoute la source, précisant que ce retour au rythme habituel dans la délivrance des visas Schengen pour la France aux Algériens aura lieu «cet été». Fin août 2025, et dans un contexte de fortes tensions entre les deux pays, l’ambassade de France à Alger avait annoncé une baisse de délivrance des visas, en raison d’une «réduction significative» des effectifs dans les consulats de France à Alger, Oran et Annaba.
La représentation diplomatique française avait fait savoir que des agents expatriés des consulats de France n’avaient pas obtenu les visas et les accréditations nécessaires de la part des autorités algériennes, ce qui a réduit les capacités des trois consulats français en Algérie.
Le nombre de visas délivrés par les autorités françaises aux ressortissants algériens a nettement reculé en 2025. Selon les chiffres communiqués par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, les consulats français en Algérie ont enregistré une baisse importante des délivrances de visas au cours des 9 premiers mois de l’année.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte de relations diplomatiques toujours complexes entre Alger et Paris. Lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, le 29 octobre 2025, Jean-Noël Barrot a indiqué que le nombre de visas accordés aux Algériens a diminué de 14,5 % par rapport à la même période en 2024.
Cette tendance à la baisse concerne l’ensemble des catégories de visas délivrés par les consulats français en Algérie. Selon le ministre, le taux de refus en Algérie a atteint 31%, soit près du double de la moyenne mondiale, estimée à 16%. Les visas touristiques ont connu le recul le plus marqué, avec une baisse de 21%, suivis des visas économiques, en baisse de 12,6%, et des visas familiaux, en diminution de 7,4%.
Ces données traduisent une contraction globale des flux migratoires algériens vers la France sur l’année 2025. Les statistiques officielles exactes du ministère français de l’Intérieur portant sur les visas délivrés aux Algériens durant le premier semestre 2026 ne sont pas encore publiées. Les visas ont été délivrés au compte-gouttes pour certaines catégories (renouvellements, familles de Français et étudiants) avec un taux de refus élevé ayant avoisiné les 31% pour les demandeurs algériens.
Les dernières statistiques publiées par la Direction générale des étrangers en France (DGEF), dépendant du ministère de l’Intérieur, confirment une réduction nette du nombre de visas accordés aux Algériens en 2025 par rapport à l’année précédente. Les chiffres consolidés révèlent qu’en 2025, seuls 204.248 visas ont été octroyés aux citoyens algériens, toutes catégories confondues, marquant une chute de 18% par rapport aux 250 085 visas de 2024. La baisse la plus brutale a été enregistrée sans grande surprise dans les visas touristiques (chute de 21%). Parallèlement, les visas économiques (-12,6%) pâtissent d’un manque de personnel consulaire et d’un resserrement des critères d’éligibilité, tandis que les visas familiaux (-7,4%) subissent l’allongement des délais de procédure.
L’analyse des statistiques de la DGEF confirme que la relation franco-algérienne est entrée dans une phase de «stagnation hostile». Le recul de 18% des visas n’est que la traduction chiffrée d’un divorce politique profond. Les analystes affirment que l’année 2025 restera comme celle où le visa français est définitivement passé du statut d’outil de mobilité à celui d’arme de guerre diplomatique.
H. A.
