L’Algérie affiche ses ambitions en matière de valorisation de ses ressources en hydrocarbures, en misant sur l’activité amont.
L’accès aux données techniques relatives aux périmètres proposés dans le cadre de l’appel à concurrence AlgeriaBid Round 2026sera ouvert aujourd’hui aux compagnies préqualifiées. Cette étape permettra aux acteurs et partenaires du secteur énergétique d’accéder à l’ensemble des données géologiques et géophysiques nécessaires à leur évaluation. L’objectif est de fournir une compréhension plus approfondie du potentiel du domaine minier algérien et de soutenir l’analyse des opportunités offertes.
Lancé officiellement le 19 avril 2026 par l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures Alnaft, ce Bid Round porte sur sept périmètres jugés parmi les plus attractifs du domaine minier national, avec des volumes significatifs d’hydrocarbures et un dispositif modernisé axé sur la transparence et la digitalisation.
Les périmètres proposés sont : El Borma II (Ouargla), El M’Zaid Nord (Ouargla), Illizi Centre I, Est Bordj Omar Driss I (Illizi), El Hadjira III (Touggourt), Touggourt Sud et El Benoud Est (El Bayadh). Ces zones présentent des profils variés, combinant champs en production, découvertes avérées et fort potentiel exploratoire.
Les réserves en place proposées sont particulièrement importantes. Le président d’Alnaft a évoqué le chiffre de 1,8 milliard de barils de réserves prouvées en place. Dans le sillage du précédent cycle (AlgeriaBid Round 2024), qui avait abouti à l’attribution de cinq licences d’exploration en juin 2025 à des majors internationaux, ce nouvel appel suscite déjà l’intérêt de grandes compagnies énergétiques. Près de 70 auraient consulté les données disponibles.
Alnaft a, par ailleurs, fixé la date du 26 novembre 2026 comme dernier délai pour le dépôt des offres. L’annonce des résultats est prévue avant la signature des contrats d’hydrocarbures avec Sonatrach, programmée pour le 31 janvier 2027. L’ensemble du processus vise à renforcer l’attractivité du secteur et à attirer les grands acteurs de l’industrie pétrolière et gazière.
Valoriser les ressources nationales
Lors de la cérémonie de lancement, le ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a inscrit l’AlgeriaBid Round 2026 dans la vision stratégique de l’État visant à renforcer l’attractivité du secteur et à valoriser les ressources nationales.
Il a souligné que ce nouveau round «ouvre de nouvelles perspectives d’exploration et de développement à travers certaines des opportunités les plus prometteuses du secteur des hydrocarbures, ainsi que des actifs de classe mondiale».
Cette vision s’appuie sur le groupe Sonatrach, qui a élaboré sa feuille de route 2025-2029, prévoyant de consacrer 75% de ses investissements aux activités amont. Le programme inclut le forage de 500 puits d’exploration, le développement de 950 puits en production, ainsi que l’extension des campagnes sismiques et la réalisation d’études géologiques avancées.
En privilégiant les partenariats internationaux, l’Algérie vise à accélérer la valorisation de ses ressources complexes, tout en assurant une croissance durable du secteur énergétique.
Consolider le rôle de hub régional
Dans un contexte mondial marqué par une demande énergétique soutenue, ce Bid Round 2026 témoigne de la volonté de l’Algérie de consolider son rôle d’acteur énergétique fiable et stable.
Ces dernières années, la demande pour l’énergie algérienne s’est intensifiée. L’évolution de la situation géopolitique, notamment au Moyen-Orient, renforce davantage la position du pays sur le marché énergétique, en particulier en Europe, où plusieurs États ont exprimé leur volonté de renforcer leur coopération avec l’Algérie.
Mohamed Arkab a également souligné que«AlgeriaBid Round 2026 représente une véritable opportunité pour renforcer la sécurité énergétique mondiale», ajoutant que «l’Algérie œuvre à consolider son rôle de hub énergétique régional», notamment à travers le développement de grands projets structurants à dimension stratégique, comme le gazoduc transsaharien, susceptible d’ouvrir de nouvelles perspectives d’intégration énergétique.
R.E
