La présidente de l’Association France-Algérie, Ségolène Royal, a souligné une évolution notable dans le processus d’apaisement entre Paris et Alger. Pour elle, il est désormais crucial de bâtir une relation fondée sur le respect mutuel et l’égalité entre les deux pays.
Cette déclaration intervient alors que les relations bilatérales ont souvent été marquées par des tensions diplomatiques et des rapports de force, dont les séquelles historiques continuent de peser sur le dialogue politique et économique.
Ségolène Royal a insisté, lors de sa visite à la Foire de Paris, sur la nécessité de dépasser les anciens schémas de confrontation. «La France doit tourner la page des rapports de force avec l’Algérie. Il faut avancer sur un certain nombre de dossiers demandés depuis longtemps, notamment l’incarcération d’un agent consulaire qui n’a pas été jugé», a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que cette décision remonte à l’époque de l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, et que les autorités françaises doivent désormais évoluer sur ce point. Selon elle, la reprise des relations économiques et la création de partenariats gagnant-gagnant sont également essentielles pour consolider la dynamique bilatérale.
Elle a également souligné l’importance de renforcer les échanges culturels et éducatifs entre les deux pays, estimant que ces initiatives pourraient rapprocher les sociétés civiles et favoriser une meilleure compréhension mutuelle.
Une diplomatie moderne et égalitaire
Pour Ségolène Royal, il ne s’agit pas de reprendre une position dominante, mais de construire des relations sur un pied d’égalité. «Faites très attention à l’utilisation d’un vocabulaire aujourd’hui dépassé. On regarde l’avenir avec franchise, pour les jeunes générations et dans un partenariat égalitaire», a-t-elle ajouté. La présidente de l’association France Algérie a ainsi mis l’accent sur la nécessité d’une approche diplomatique moderne, fondée sur la coopération et la confiance réciproque, en lieu et place des tensions historiques qui ont souvent entravé le dialogue.
Le rôle central du volet mémoriel
Le volet mémoriel figure également au cœur de son intervention. Ségolène Royal a rappelé que la reconnaissance historique de certains événements douloureux avait été promise en 2017 par Emmanuel Macron lors de sa première campagne présidentielle. Elle a salué l’évolution récente, soulignant qu’il était temps que la France honore ses engagements : «Nous sommes dans la dernière année de ce quinquennat. Cette reconnaissance va dans le bon sens», a-t-elle affirmé.
Pour elle, le respect des interlocuteurs et le dialogue d’égal à égal sont essentiels pour dépasser «les incompréhensions historiques» et instaurer un climat de confiance durable. Elle a aussi insisté sur l’importance de sensibiliser les jeunes générations à cette histoire partagée afin que la mémoire et l’enseignement de ces événements servent de socle à une relation constructive et durable.
La visite du pape en Algérie a, selon Ségolène Royal, joué un rôle catalyseur dans cette évolution. La manière dont le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a accueilli le souverain pontife, ainsi que les références du pape à l’histoire algérienne, notamment devant le monument des martyrs et en évoquant les massacres du 8 mai, ont incité les autorités françaises à repenser leur discours. «On ne peut pas continuer à tenir des propos désagréables sur l’Algérie et sur ses dirigeants», a-t-elle souligné, saluant cette prise de conscience.
Assia M.
