Youcef Aouchiche a encouragé les jeunes Algériens à construire leur avenir dans leur pays et à s’engager activement dans la vie politique et associative.
Le premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, a souligné la nécessité d’impliquer davantage la jeunesse dans la vie publique, tout en exhortant les Algériens à participer aux élections législatives du 2 juillet prochain.
Lors de son allocution, à l’occasion de la commémoration des massacres du 8 mai 1945, organisée hier à Kherrata, le dirigeant du FFS a appelé à faire de la mémoire des crimes coloniaux un moteur de mobilisation politique et citoyenne. Rendant hommage aux 45 000 martyrs tombés lors des massacres de Kherrata, Sétif et Guelma, Youcef Aouchiche a dénoncé
«la barbarie coloniale» et rappelé que le peuple algérien «n’a jamais oublié ni ses martyrs ni le prix payé pour la liberté et la dignité».
«La mémoire doit devenir une force politique et morale»
Le responsable du FFS a insisté sur l’importance de transmettre l’héritage historique aux nouvelles générations. Selon lui, la mémoire nationale ne doit pas se limiter à des commémorations symboliques, mais servir de «boussole politique et morale».
«Transmettre la mémoire, ce n’est pas répéter mécaniquement des dates. C’est expliquer à la jeunesse que la liberté a un prix, que la souveraineté exige des institutions fortes, une justice indépendante et une véritable démocratie», a-t-il déclaré.
Dans un pays où l’âge moyen tourne autour de 28 ans, Youcef Aouchiche a estimé que la transmission historique constituait «un enjeu central pour l’avenir de la nation». Il a mis en garde contre «le désespoir, l’exil forcé et la harga», qu’il considère comme les conséquences de «choix politiques et économiques réformables».
Un message adressé à la jeunesse
Le premier secrétaire national du FFS a consacré une large partie de son discours à la jeunesse algérienne, qu’il a qualifiée de «locomotive de la nation».
Reconnaissant le malaise social et le manque de perspectives ressentis par de nombreux jeunes, il a affirmé que «l’Algérie n’est pas condamnée à l’échec» et que le départ vers l’étranger ne devrait pas devenir «l’unique horizon possible».
«Votre avenir doit se construire ici, sur votre terre, avec vos compétences, vos rêves et votre dignité», a-t-il lancé aux jeunes Algériens, les appelant à investir les espaces politique, syndical, associatif et universitaire.
Le FFS défend sa participation électorale
Sur le plan politique, Youcef Aouchiche a plaidé pour une «reconstruction de la confiance» entre les citoyens et les institutions. Il a défendu la position du FFS en faveur de la participation aux prochaines élections, qu’il a présentée comme un moyen de réinvestir l’espace politique et institutionnel. Reconnaissant la crise de confiance qui touche les institutions et le scepticisme d’une partie de la population envers les scrutins, il a admis que l’abstention était devenue pour de nombreux citoyens une manière d’exprimer «la colère, la déception et le rejet».
Cependant, il a estimé que le retrait du champ politique «ne construit pas d’alternative» et risque au contraire de laisser les institutions «vidées de leur sens». Selon lui, la participation électorale constitue aujourd’hui un levier pour défendre «la transparence, l’équité et la représentation réelle» et pour élargir démocratiquement les espaces d’expression politique. «Participer ne signifie pas renoncer à revendiquer la démocratie, et voter ne veut pas dire donner un chèque en blanc», a-t-il insisté.
Youcef Aouchiche a ainsi appelé les citoyens, et particulièrement les jeunes, à ne pas abandonner le terrain politique à «ceux qui ne croient ni à la nation, ni au peuple, ni à la démocratie, ni à la justice sociale». Il a défendu une vision de la politique comme «un acte de responsabilité» au service de l’intérêt national et du renforcement de la souveraineté populaire. Le dirigeant du FFS considère ces élections comme «une étape de remobilisation citoyenne», insistant sur le fait que «le vide politique ne sert jamais le peuple».
Pour lui, la participation électorale doit devenir «un acte de conscience citoyenne et de résistance démocratique», capable de transformer «le mécontentement populaire en force politique organisée».
En conclusion, Youcef Aouchiche a appelé à rester fidèles au sacrifice des martyrs du mouvement national et de la guerre de Libération. Le responsable du FFS a enfin exhorté à faire de la mémoire nationale «un levier pour l’avenir» et à considérer la jeunesse comme «la génération fondatrice d’un nouvel espoir national».
I. Khermane
