Entre fabrication locale de pièces, partenariats internationaux et création d’emplois, ces initiatives marquent une accélération de la stratégie de développement de la filière.
Le secteur de la sous-traitance automobile vient de se renforcer avec le lancement de plusieurs projets à travers le pays. Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a supervisé, hier, deux projets stratégiques dans la wilaya de Batna, lors de sa visite de travail et d’inspection. Des projets qui s’inscrivent, a-t-il indiqué, dans les efforts de développement de l’industrie automobile en Algérie.
Inaugurant une unité d’assemblage de chambres frigorifiques destinées aux camions, située dans la zone industrielle de Kachida, dans la commune de Batna, le Premier ministre a estimé que la relance de cette unité constitue «une étape importante dans le processus de récupération des actifs industriels», soulignant que «le rôle revient désormais aux travailleurs et aux gestionnaires pour assurer la réussite du projet et atteindre les objectifs qui lui sont assignés».
Réduction des importations et intégration locale
Dans la foulée, Sifi Ghrieb a procédé au lancement d’un projet d’usine de production de pièces et composants métalliques par emboutissage, relevant de la Société de maintenance de l’Est (SME), filiale du Groupe industriel des ciments d’Algérie (GICA).
«Cet investissement s’inscrit dans les efforts de l’État visant à relancer l’industrie nationale et à renforcer le taux d’intégration dans la filière de l’industrie automobile», a-t-il souligné.
Récupéré dans le cadre de l’application des instructions du président de la République relatives à la réhabilitation et à la relance des actifs industriels confisqués en vertu de décisions judiciaires définitives, cet investissement, d’un montant de 6 milliards de DA, permettra d’atteindre une capacité de production destinée à équiper 150.000 véhicules par an, tout en générant 150 emplois directs et indirects.
Ce projet est à même de contribuer à la localisation de la fabrication des structures automobiles en Algérie et à la réduction de la dépendance aux importations, outre le soutien au tissu industriel national et la création d’une dynamique économique au niveau local.
Signature de partenariats majeurs
Des mémorandums d’entente ont également été signés avec des entreprises industrielles et économiques, notamment Hyundai Manufacturing Algérie, Sigma SPA, le groupe Stellantis, ainsi que Etrage Cirta, Tirsam, Man SPA etPengpu Algérie, dans le but d’élargir les domaines de coopération industrielle et d’échange d’expertise, contribuant ainsi au renforcement du tissu industriel national et à l’augmentation de ses capacités de production.
Ces accords s’inscrivent dans le cadre des efforts de l’État visant à encourager les partenariats entre les différents acteurs économiques et à promouvoir l’industrie nationale, notamment à travers la valorisation et l’intégration des actifs industriels récupérés dans la dynamique économique.
Un projet structurant à Tissemsilt
Dans la matinée, le Premier ministre a procédé au lancement du projet General Plastic Injection (GPI) pour la production de composants et d’accessoires en plastique pour automobiles dans la wilaya de Tissemsilt.
Dans une déclaration faite à cette occasion, il a souligné que l’usine donnera un nouvel élan à l’industrie automobile algérienne grâce à son recours aux technologies les plus récentes, puisqu’elle se spécialisera dans la production de divers accessoires en plastique utilisés dans ce domaine, conformément aux normes internationales.
Un levier de développement local et d’emplois
Le Premier ministre a également souligné que ce projet contribuera au développement de la wilaya de Tissemsilt, complétant ainsi le programme spécial de développement approuvé par le président de la République au profit de cette wilaya.
Au-delà de ses aspects économiques, ce projet revêt une importance sociale considérable, car il devrait ouvrir de vastes perspectives d’emploi pour les jeunes de la région, notamment pour les ingénieurs, techniciens et ouvriers.
Le projet devrait également contribuer à réduire la facture des importations en proposant des alternatives locales. Il permettra surtout de soutenir les chaînes de valeur industrielles liées à ce secteur vital, en encourageant l’investissement dans l’industrie des pièces détachées, ainsi que le développement des infrastructures et des compétences nationales.
Vers une industrie automobile intégrée
La concrétisation de ce projet, qui sera opérationnel en septembre 2026, constitue la suite logique des nombreux projets déjà lancés et le prélude à d’autres à venir. Par ailleurs, le Premier ministre a supervisé la signature de plusieurs accords relatifs au développement de l’industrie des composants et pièces détachées automobiles, au renforcement des partenariats industriels, au transfert de technologies et à l’accroissement de l’intégration locale.
Ce projet s’inscrit en droite ligne des efforts déployés par les pouvoirs publics pour encourager la fabrication locale de pièces automobiles, pilier fondamental pour la construction d’un système de production intégré et durable.
Une dynamique en pleine expansion
Longtemps considéré comme le maillon faible freinant l’investissement dans l’industrie automobile en Algérie, le secteur de la sous-traitance confirme aujourd’hui sa dynamique ascendante. La consolidation d’un réseau performant traduit une progression tangible du secteur, désormais engagé sur la voie d’une intégration accrue et d’une montée en gamme industrielle.
En s’appuyant sur la relance de la production locale à travers des projets concrets, le secteur constitue désormais un gage de confiance pour l’intérêt grandissant des constructeurs internationaux pour le marché algérien. En effet, après l’usine Fiat d’Oran, une dizaine d’autres projets d’usines sont programmés ou en cours de lancement sur tout le territoire.
S. Smati
