Le dossier des métiers pénibles refait surface et suscite à nouveau le débat, à la faveur d’un échange entre le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale et le député Youcef Adjissa, à propos du texte d’application encadrant ce dispositif.
Dans une réponse écrite datée du 19 mars 2026, rendue publique par le député du MSP, le ministre a indiqué que ce dossier demeure en cours d’étude. Il a rappelé que la réforme introduite par la loi de 2016 a fixé l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, tout en prévoyant la possibilité d’un départ anticipé pour les travailleurs occupant des postes à forte pénibilité, sous réserve de la publication d’un texte réglementaire.
«À titre préliminaire, il convient de rappeler qu’il a été décidé de mettre fin au dispositif de retraite anticipée et de retraite proportionnelle sans condition d’âge, celui-ci ayant été instauré à titre exceptionnel en raison de circonstances économiques particulières, et ce en application des dispositions de la loi n° 15-16 du 31 décembre 2016, qui a rétabli la règle générale fixant l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, tout en prévoyant la possibilité d’un départ anticipé avant cet âge pour les travailleurs exerçant dans des postes à forte pénibilité, conformément à un texte réglementaire », détaille le ministre dans sa réponse.Il a également fait savoir qu’une commission technique a été installée pour définir la liste des métiers concernés.
Composée de représentants de plusieurs secteurs ainsi que d’experts en médecine du travail, cette commission est chargée d’élaborer des critères techniques et scientifiques. Selon le ministre , la complexité du dossier nécessite une étude approfondie et une concertation avec les différentes parties concernées, en vue de disposer de données précises avant la finalisation du texte.
«Nos services poursuivent une étude approfondie avec l’ensemble des instances concernées, ce qui nécessite la disponibilité de données précises, en coordination étroite avec les spécialistes du domaine», assure le ministre en guise de conclusion. De son côté, le député Youcef Adjissa a estimé que cette réponse ne comporte pas d’éléments nouveaux.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, il considère que le renvoi du dossier à une commission s’inscrit dans une logique de report, alors que la question des métiers pénibles est soulevée depuis plusieurs années.Le parlementaire souligne que les formules évoquant un dossier «en cours d’étude» ou nécessitant «concertation» reviennent de manière récurrente, tandis que, selon lui, les travailleurs concernés attendent des mesures concrètes.
Le député met également en garde contre les conséquences de ce mode de gestion, estimant que « la transformation des dossiers sociaux sensibles en commissions sans délai contraignant affaiblit l’efficacité de l’action gouvernementale» et «entame la confiance des travailleurs envers l’administration».
Dans ce contexte, le député appelle à fixer un calendrier clair pour les travaux engagés, à davantage de transparence sur les critères retenus pour définir les métiers pénibles, ainsi qu’à l’annonce d’une date pour la publication du texte réglementaire.Entre impératif de concertation et attente de décisions concrètes, le dossier des métiers pénibles continue ainsi d’alimenter les débats, en attendant sa traduction dans un cadre réglementaire effectif.
S. Mekla
