La réactivation du traité d’amitié et la reprise des échanges ouvrent la voie à une coopération élargie, au-delà des hydrocarbures, dans des secteurs clés comme l’agroalimentaire, l’industrie ou encore la pharmacie.
Après plusieurs mois de tensions, Alger et Madrid amorcent un rapprochement diplomatique porteur d’enjeux économiques. S’exprimant, hier, à l’émission «l’Invité du jour» de la Chaîne III de la Radio nationale, consacrée au rapprochement entre Alger et Madrid, Abdellah Seriai, président du Forum d’affaires algéro-espagnol, a affirmé que cette relance s’inscrit dans le sillage de la rencontre entre le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares.
À la clé : la réactivation du traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération, ainsi que l’espoir d’un nouveau souffle pour les relations économiques entre les deux pays. A cet égard, il a souligné que «le volume des échanges a atteint plus de 10 milliards de dollars», tout en précisant que les exportations algériennes vers l’Espagne couvrent un spectre large, dont les hydrocarbures, les produits sidérurgiques, les engrais liquides et solides et les produits agricoles comme la pomme de terre.
Une relance diplomatique aux effets attendus
La réactivation du traité d’amitié, suspendu depuis 2022, marque une étape importante dans le rapprochement entre l’Algérie et l’Espagne. Comme l’a souligné Abdellah Seriai, cette décision intervient dans un contexte déjà favorable, avec des échanges commerciaux ayant dépassé les 10 milliards de dollars en 2025.
Au-delà des hydrocarbures, qui restent dominants, l’enjeu est désormais d’élargir le champ de la coopération à d’autres secteurs afin de consolider cette dynamique sur le long terme.
Djazagro, un premier test pour les opérateurs
Dans cette perspective, le Forum d’affaires algéro-espagnol organisera, le 14 avril, une journée d’information en marge du salon Djazagro. Une quarantaine d’entreprises espagnoles y sont attendues pour prendre part, aux côtés d’opérateurs algériens, à des conférences sur l’agriculture, l’aquaculture et les industries agroalimentaires, outre un programme des rencontres B2B.
Ce type d’initiative constitue souvent un point de départ pour nouer des contacts et explorer des pistes de collaboration. Les résultats concrets dépendront, toutefois, de la capacité des entreprises à transformer ces échanges en projets durables dans les mois qui suivent.
Des secteurs porteurs à structurer
L’agroalimentaire figure parmi les domaines les plus prometteurs. Le constat d’un manque d’unités de transformation, notamment pour certains produits agricoles, ouvre la voie à des partenariats industriels, où le savoir-faire espagnol pourrait jouer un rôle complémentaire.
Dans le secteur pharmaceutique, également évoqué lors de l’intervention radiophonique, l’Algérie dispose d’une base de production en progression, couvrant une large part de ses besoins. Cette évolution pourrait, à terme, soutenir des ambitions à l’export, notamment vers des marchés européens, sous réserve de répondre aux exigences réglementaires.
Vers davantage de coopération industrielle
Le segment de la pièce détachée illustre déjà l’intensité des échanges entre les deux pays. L’Espagne apparaît comme un fournisseur important, notamment dans le cadre de programmes industriels existants.
L’enjeu, à l’avenir, pourrait être de renforcer les liens à travers des formes de coopération plus intégrées, notamment dans la sous-traitance, afin de favoriser des retombées industrielles locales.
Un environnement à accompagner
Enfin, la question des mécanismes d’accompagnement a été soulevée, notamment en ce qui concerne la présence des entreprises algériennes à l’étranger. Faciliter leur accès à certains outils, comme des espaces d’exposition ou de représentation, pourrait contribuer à mieux valoriser les produits nationaux sur les marchés extérieurs.
Au final, la relance du traité d’amitié ouvre des perspectives encourageantes. Entre initiatives sectorielles et rapprochement des opérateurs, les prochains mois devraient permettre de mesurer la capacité des deux partenaires à inscrire cette dynamique dans des réalisations concrètes et durables.
Sara Mekla
