Les partis politiques ont mis en avant son patriotisme, sa sagesse et son rôle dans la gestion des affaires de l’État durant une période particulièrement délicate de l’histoire du pays.
La disparition de Liamine Zeroual a suscité une vive émotion à travers toute l’Algérie, où l’annonce de son décès a rapidement dominé l’actualité nationale et les plateformes numériques. Dès les premières heures, une vague d’hommages et de messages de condoléances a afflué, témoignant de l’empreinte durable laissée par cet homme d’État au parcours exceptionnel.
Les institutions officielles, à commencer par la Présidence de la République, ont largement relayé cette vague d’émotion. Plusieurs ministères ont également adressé leurs condoléances, exprimant leur solidarité avec la famille du défunt et avec l’ensemble du peuple algérien en ce moment de deuil.
Sur le plan politique, les réactions ont été nombreuses et unanimes. Le Front de libération nationale (FLN) a salué la mémoire d’« un homme fidèle » à l’Algérie, appartenant à la génération des pionniers qui ont consacré leur vie au service de la patrie. Le parti a estimé que sa disparition constitue « une lourde perte pour l’Algérie », rappelant qu’il fut « un symbole de la nation » et qu’il a contribué, avec responsabilité et discernement, à la politique de concorde nationale, facteur clé dans la préservation de l’unité et de la stabilité du pays.
De son côté, Mounder Bouden, secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), a exprimé « sa grande tristesse et sa profonde affliction » à l’annonce de cette disparition. Dans son message, il a présenté, en son nom et au nom des cadres et militants du parti, ses sincères condoléances et ses sentiments de compassion à la famille du défunt ainsi qu’au peuple algérien tout entier.
Le Front El Moustakbal a également fait part de sa profonde tristesse face à ce deuil national. Le parti a souligné que cette perte dépasse le cadre familial pour devenir « une tragédie nationale touchant la mémoire collective », rappelant les qualités de sincérité, d’intégrité, de modestie et de sagesse qui caractérisaient l’ancien président.
Dans son message, le Front El Moustakbal a insisté sur le rôle déterminant de Liamine Zéroual, le classant parmi les dirigeants ayant assumé la responsabilité de l’État dans une conjoncture critique. Il a notamment contribué à la préservation de l’unité nationale, au renforcement du processus de réconciliation et à la consolidation des institutions de l’État, avec lucidité et un profond sens des responsabilités.
Hommages officiels
Par ailleurs, les hauts responsables de l’Etat, des personnalités nationales et des moudjahidine lui ont rendu, hier après-midi au Palais du Peuple (Alger), un dernier hommage.
Parmi ceux qui se sont recueillis devant la dépouille du moudjahid Liamine Zeroual, figuraient le président du Conseil de la Nation, Azouz Nasri, le président de l’Assemblée populaire nationale, Brahim Boughali, la présidente de la Cour constitutionnelle, Mme Leïla Aslaoui, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, le directeur de Cabinet de la Présidence de la République, Boualem Boualem, et des membres du Gouvernement, qui ont récité la Fatiha du Saint Coran à la mémoire du défunt.
Des officiers généraux et des cadres de l’Armée nationale populaire (ANP), des personnalités nationales, des chefs de partis politiques, des moudjahidine et de nombreux citoyens se sont également rendus au Palais du Peuple pour se recueillir devant la dépouille de l’ancien président de la République, le moudjahid Liamine Zeroual.
Témoignages et reconnaissance
En outre, les moudjahidines et chercheurs ont unanimement reconnu que l’ancien président et moudjahidine Liamine Zeroual était un homme d’exception. Il a dirigé l’Algérie dans ses moments les plus sombres et a été l’un des premiers à prôner la réconciliation et à instaurer la loi sur la clémence.
Abdelmajid Cheikhi, ancien directeur du Centre national des archives, ancien compagnon d’études à Batna, a décrit le défunt de véritable lion courageux, au-delà de toute description. Il était chaste, ne cherchait pas le pouvoir – c’est le pouvoir qui est venu à lui – et était une personne sincère, qui n’attendait ni récompense ni reconnaissance, et ne possédait pas de fortune.
Selon la Présidence de la République, l’ancien président de la République, le moudjahid Liamine Zeroual, sera inhumé, aujourd’hui après la prière du Dohr, dans sa ville natale à Batna.
Ce moment de deuil national dépasse ainsi le cadre politique pour toucher l’ensemble de la société. À travers les hommages et les témoignages, c’est la mémoire d’un homme d’État respecté qui est honorée, et avec elle, une page importante de l’histoire contemporaine de l’Algérie.
Le monde diplomatique s’incline à sa mémoire
La disparition de Liamine Zeroual a provoqué une émotion profonde qui a largement dépassé les frontières de l’Algérie. Dès l’annonce de son décès, de nombreux médias internationaux ont relayé l’information, revenant sur le parcours de l’ancien chef de l’État et sur le contexte politique particulièrement complexe dans lequel il a exercé ses fonctions.
La presse étrangère a insisté sur son accession au pouvoir au cœur d’une période de crise profonde, soulignant les défis considérables auxquels il a dû faire face pour préserver la stabilité du pays. Les analystes ont également mis en avant un geste rare dans la région : le retrait volontaire de la présidence, un acte salué comme preuve de son sens de l’État et de son attachement aux principes institutionnels. Cette décision, considérée comme courageuse et responsable, a contribué à forger l’image d’un dirigeant soucieux de la continuité et de l’équilibre politique.
Sur le plan diplomatique, plusieurs chefs d’État et responsables étrangers ont tenu à exprimer leur solidarité avec l’Algérie. Le président de la Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a adressé un message de condoléances au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, déclarant : « C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès de l’ancien Président de la République algérienne démocratique et populaire, le Moudjahid Liamine Zeroual ». Il a ainsi exprimé sa compassion et celle du peuple mauritanien en cette période de deuil.
Le Secrétaire général de la Ligue des États arabes, Ahmed Aboul Gheit, a également présenté ses sincères condoléances au président Abdelmadjid Tebboune. Selon son porte-parole, Jamal Rachdi, il a tenu à exprimer « sa profonde compassion ainsi que ses condoléances attristées à la famille du défunt et au peuple algérien en cette douloureuse épreuve ». Pour le président de la République fédérale de Somalie, Hassan Sheikh Mohamud, l’Algérie perdait « l’un de ses fils loyaux », qui avait consacré sa sagesse et ses efforts inlassables au service de son pays et au progrès et à la prospérité de sa nation.
De son coté, l’Union africaine (UA) a exprimé sa profonde tristesse.
Dans un communiqué officiel, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a adressé ses condoléances au gouvernement et au peuple algériens, ainsi qu’à la famille du défunt, réaffirmant la solidarité de l’organisation continentale en cette période de deuil.
Rendant hommage à un « homme d’État exemplaire », Mahmoud Ali Youssouf a salué le parcours de Liamine Zeroual, marqué par « le sacrifice, la dignité et un engagement constant en faveur de la souveraineté et de l’unité de l’Algérie ».
À cet égard, l’organisation estime que l’héritage de Liamine Zeroual demeure en phase avec sa vision d’un continent intégré, pacifique et prospère.
« Son héritage continuera d’inspirer les générations futures engagées pour la paix et l’unité du continent », a déclaré Mahmoud Ali Youssouf
Autant d’hommages internationaux traduisant l’envergure et le respect dont jouissait Liamine Zeroual au-delà des frontières algériennes. Sa carrière, marquée par des responsabilités exercées dans un contexte particulièrement délicat, ainsi que ses choix politiques, ont contribué à établir son image de dirigeant responsable, lucide et attaché aux principes de l’État, reconnue et saluée sur la scène diplomatique internationale.
K. Zemmouri
