Alors que les frappes américano-sionistes se poursuivent en Iran, de nombreuses compagnies aériennes ont choisi de suspendre ou d’annuler des vols en partance pour et à destination de la région.
Depuis samedi, le trafic aérien a été complètement bouleversé. Les principaux aéroports du Moyen-Orient, dont Dubaï, la plaque tournante internationale la plus fréquentée au monde, ont été fermés dès le début de l’agression. Cette fermeture a provoqué l’une des plus graves perturbations de l’aviation mondiale depuis des années.
Selon Cirium, la société d’analyses spécialisée dans l’aviation, «environ 4 218 vols» devaient arriver samedi dans les pays du Moyen-Orient, et «966 d’entre eux ont été annulés, soit 22,9 %». En incluant les vols sortants, le total des annulations s’élève à plus de 1 800. La même source précise que 716 liaisons aériennes ont été annulées hier, sur 4 329 prévues à destination de la région.
Les compagnies du Golfe, Emirates, Qatar Airways et Etihad, qui relient le continent américain, l’Europe, l’Afrique et l’Asie via leurs hubs (soit environ 90 000 passagers en transit par jour, sans compter les passagers à destination du Moyen-Orient même), ont été les plus touchées, selon Cirium.
Des aéroports, notamment ceux des grandes plaques tournantes internationales, sont en état d’alerte élevé, ce qui pourrait entraîner un embouteillage dans les voyages transcontinentaux, perturbant davantage l’économie mondiale.
Perturbations dans le commerce maritime
Les compagnies maritimes ne sont pas en reste. Les armateurs, voyant les risques liés à la sécurité dans le détroit d’Ormuz et d’autres zones clés du Moyen-Orient, sont contraints de mettre leurs navires à l’arrêt. Contrôlé par les Iraniens, le détroit d’Ormuz est un passage clé pour le transit des matières premières, notamment le pétrole.
Avec près de 20% de l’approvisionnement mondial en pétrole qui transite par cette zone, toute perturbation dans ce détroit risque de faire grimper les prix du pétrole et de déclencher des répercussions économiques à l’échelle planétaire. La perturbation, voire la fermeture, du détroit d’Ormuz pourrait avoir de graves conséquences sur les prix du pétrole. En effet, «ce qui peut se passer sur le marché du pétrole, c’est une prime de risque liée à ce détroit d’Ormuz dans les jours qui viennent». Les analystes sur le marché du pétrole ne regardent pas tant l’Iran que les risques de déstabilisation de la région.
Autre passage stratégique fortement perturbé, le canal de Suez. Reliant la Méditerranée à la mer Rouge, il est l’une des routes commerciales les plus fréquentées du monde. Il concentre environ 10% du commerce maritime international, selon les experts, et représente un axe de commerce privilégié pour les échanges entre l’Europe et l’Asie. De plus, plusieurs assureurs ont déjà annoncé la résiliation de contrats existants, en raison de la réévaluation des risques, et la hausse des primes pour les navires naviguant dans ces zones à haut risque.
L’incertitude géopolitique
Au-delà des secteurs directement affectés, les conséquences économiques des frappes en Iran risquent de se propager dans de nombreuses industries, créant des chaînes de perturbation difficilement mesurables à ce moment précis.
Les prix des matières premières risquent d’augmenter, la stabilité des marchés financiers pourrait être remise en cause, et la confiance des investisseurs pourrait se détériorer si les tensions dans la région persistaient. Une situation qui pourrait perdurer si les frappes militaires se poursuivent, exacerbant les répercussions économiques et géopolitiques.
Dans ce contexte, le monde regarde avec inquiétude l’évolution des événements au Moyen-Orient, particulièrement la réaction des grandes puissances internationales et des organisations régionales.
Synthèse R. N.
