Création de l’UGTA et nationalisation des hydrocarbures. Deux jalons qui illustrent la volonté du pays de défendre ses travailleurs, ses ressources et sa souveraineté nationale.
L’Algérie célèbrera demain le double anniversaire de la création de l’UGTA et de la nationalisation des hydrocarbures. C’est une journée nationale majeure symbolisant la souveraineté économique, la récupération des ressources pétrolières et gazières, ainsi que la valorisation des acquis sociaux des travailleurs.
24 février 1956, une date charnière
L’UGTA a été créée le 24 février 1956 par la direction du FLN pour rassembler les travailleurs algériens, jusque-là dispersés dans plusieurs sections syndicales, souvent affiliées au syndicat français CGT. Conscients de leur situation de colonisés, des syndicalistes algériens actifs et engagés dans la lutte de libération initièrent la création de la Centrale syndicale sous l’impulsion des dirigeants de la Révolution.
En créant cette organisation syndicale, la Révolution de libération s’assurait un solide appui parmi les travailleurs, renforçant la cause nationale pour l’indépendance et la récupération des richesses nationales de l’emprise coloniale. L’acte constitutif de l’Union rejetait fermement la domination coloniale et affirmait le droit du peuple algérien à la liberté et à l’indépendance.
Parmi les membres fondateurs de l’UGTA, on cite AïssatIdir, son premier secrétaire général, qui déclara : «Notre syndicat central est né de la volonté des travailleurs algériens de mettre fin à l’exploitation exercée sur eux par l’administration coloniale et de la remplacer par un régime démocratique et social. Notre Révolution ne peut se concrétiser que dans le cadre d’une organisation de travailleurs nationale et indépendante.»
Rapidement, l’UGTA réussit à se faire reconnaître par le comité exécutif de la CISL (Confédération internationale des syndicats libres) réuni du 2 au 9 juillet 1956 à Bruxelles, comme syndicat unique des Algériens.
En dépit des persécutions des autorités coloniales, l’UGTA joua un rôle majeur dans l’organisation de la classe ouvrière algérienne à l’intérieur du pays et à l’étranger, consolidant ses rangs au service de la Révolution, notamment après le congrès de la Soummam (20 août 1956), qui définissait la vision future de l’organisation et son rôle dans la lutte et le développement.
Chaque année, cette commémoration est l’occasion de se remémorer le rôle de l’organisation syndicale dans la bataille pour l’indépendance, l’édification du pays, puis dans la défense de la République et des institutions de l’État, y compris durant la décennie noire des années 1990.
Deuxième indépendance
C’est à la Maison du peuple, à l’occasion de l’anniversaire de la création de l’UGTA, que le président Houari Boumediène annonça, le 24 février 1971, la décision de l’Algérie de prendre le contrôle de ses richesses pétrolières et gazières. Cet événement constitue une date majeure de l’histoire contemporaine de l’Algérie indépendante.
Certains historiens considèrent cette nationalisation comme une deuxième indépendance, marquant le recouvrement de la souveraineté nationale. Elle illustre la volonté de l’État d’aller vers un développement national autonome, loin de la mainmise des puissances étrangères sur les ressources naturelles du pays.
Après la nationalisation, d’énormes défis furent relevés grâce à une poignée de cadres et de techniciens fraîchement sortis des instituts de formation, renforcés par de jeunes affectés au secteur pétrolier et gazier dans le cadre du service national.
Le défunt Sid-Ahmed Ghozali, témoin et acteur de l’événement, racontait dans une contribution au Club énergie : «Ce fut une poignée d’ingénieurs, anciens boursiers du FLN, provenant des sections universitaires de l’OCFLN, guidés par leurs aînés encore moins nombreux, qui prirent les choses en main.»
La nationalisation permit à Sonatrach de s’imposer sur la scène régionale et internationale, favorisant l’émergence d’une industrie pétrolière et gazière prometteuse pour l’économie nationale et la sécurité énergétique du pays.
Cinquante-cinq ans après cette date historique, les défis pour le secteur national des hydrocarbures demeurent actuels, alors que l’Algérie ambitionne de se positionner comme un acteur majeur sur la scène énergétique mondiale.
S. Smati
