L’ambassadeur de la Fédération de Russie en Algérie, Alexeï Solomatine, a réaffirmé, dans un entretien accordé à «El Massa», la solidité du partenariat entre Moscou et Alger.
Il a souligné que l’Algérie dispose de tous les atouts d’une puissance régionale influente et a insisté sur la stabilité de la position russe concernant le Sahara occidental, en réaffirmant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Des liens anciens et solides
Selon l’ambassadeur, l’Algérie est l’un des partenaires les plus importants de la Russie en Afrique. Il rappelle que dès la guerre de Libération contre la colonisation française, l’Union soviétique a apporté un soutien déterminant à l’Algérie sur les plans politique, financier, matériel et militaire. «Les relations bilatérales ont connu une croissance constante, notamment depuis la signature en 2023 de la déclaration de partenariat stratégique approfondi lors de la visite du président Tebboune à Moscou», a-t-il indiqué.
Solomatine estime que la coopération entre les deux pays doit être renforcée, notamment dans les domaines économique, industriel et énergétique, car «il existe de grandes potentialités à exploiter».
Cap sur de nouveaux secteurs
L’ambassadeur russe a rappelé que plusieurs événements économiques récents ont illustré l’intensification des échanges, citant notamment la participation algérienne au Salon mondial de l’alimentation de Moscou en 2025, ainsi que la tenue d’une mission d’affaires numérique à Alger.
Il a évoqué des projets concrets dans des secteurs variés : agriculture, pharmacie, énergie, services bancaires et transports. Le partenariat énergétique reste un pilier, avec un engagement russe à développer la coopération dans le pétrole et le gaz, notamment via la fourniture d’équipements et la maintenance des infrastructures.
L’Algérie s’intéresse également à l’expertise russe dans l’énergie nucléaire civile, et les deux pays disposent de canaux de coopération directs dans ce domaine, a précisé l’ambassadeur.
Une coopération militaire «profonde» et durable
Sur le plan militaire, Solomatine a rappelé que la Russie est le principal fournisseur d’armes de l’armée algérienne depuis l’indépendance. Il a également mis en avant l’aide russe dans le déminage, avec près de 1,5 million de mines neutralisées depuis les années 1960. «Nous sommes prêts à continuer à renforcer les capacités de combat de l’Algérie», a-t-il affirmé.
Des positions convergentes
L’ambassadeur a souligné l’alignement des deux pays sur de nombreuses questions internationales, notamment au sein du Conseil de sécurité. Il a jugé l’action algérienne au Conseil «très fructueuse» et a estimé que l’Algérie contribue activement à la construction d’un ordre mondial multipolaire.
Sahara occidental : la Russie maintient sa position
Interrogé sur le récent vote du Conseil de sécurité sur la résolution 2797, pour laquelle la Russie s’est abstenue, Solomatine a expliqué que Moscou refuse un texte «déséquilibré». Il a dénoncé une instrumentalisation du Conseil de sécurité par les États-Unis et a rappelé que la Russie demeure attachée à une solution politique fondée sur les résolutions de l’ONU, avec le respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Stabilité au Sahel
Sur la question du Sahel, l’ambassadeur a mis en garde contre la montée de l’insécurité et le risque d’escalade militaire. Il a rappelé la création en 2024 d’un groupe de travail russo-algérien sur le Mali et la région du Sahel, et a affirmé que Moscou espère une résolution politique et diplomatique de la crise.
R.N.
