Pilier fondamental de la réussite électorale, garantissant la légitimité démocratique par sa participation active, son vote éclairé et sa vigilance, le citoyen-électeur, en tant qu’acteur principal, est en droit d’être associé à la vie politique du pays.
En date du 24 janvier 2026, le Premier ministre Sifi Ghrieb a présidé, au Palais des nations, à Alger, à l’ouverture d’une conférence nationale consacrée aux projets de révision technique de la Constitution et de la loi organique relative au régime électoral.
Une rencontre tenue en présence du directeur de cabinet de la Présidence de la République, Boualem Boualem, de plusieurs membres du gouvernement, des présidents de partis politiques, ainsi que du président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).À cette occasion, le directeur de cabinet de la Présidence a présenté une communication comprenant dix propositions entrant dans le cadre de la révision technique de la Constitution.
Parmi les principales propositions, figure, notamment, l’allongement du mandat du président du Conseil de la nation à six ans, au lieu de trois. Il est, en outre, envisagé d’accorder au président de la République la possibilité de convoquer des élections locales anticipées. S’agissant du processus électoral, il est proposé de confier la préparation matérielle et logistique des élections à l’administration, tandis que l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) verra ses prérogatives de contrôle élargies, afin de combler le vide relevé par la Constitution de 2020 quant à son rôle en la matière.
A l’issue de la rencontre, les partis politiques avaient un délai de 48 heures pour formaliser leurs propositions et les remettre à la présidence de la République.
D’autant que, selon des sources, une commission dédiée à l’examen des propositions devait être installée au niveau de la présidence de la République pour élaborer des projets de loi, qui seront soumis par la suite au Conseil des ministres, avant leur présentation devant les deux chambres du Parlement. Un processus, en somme, normal.
Le citoyen-électeur à l’écart
Certes, ces réformes visent à renforcer le processus démocratique, améliorer la crédibilité des institutions et moderniser certaines règles électorales. En outre, le débat autour de la révision technique de la Constitution porte beaucoup plus sur des articles de texte que sur un conflit de vision sur l’avenir du pays. Néanmoins, il y a lieu de noter que jusqu’à l’heure, les formations politiques n’ont pas jugé utile de rendre publiques leurs propositions, encore moins d’associer leurs adhérents, le citoyen-électeur, à l’exception du Parti des travailleurs.
En effet, Louisa Hanoune a insisté sur «la nécessité» de rendre la décision au peuple et d’ouvrir un large débat afin qu’il puisse déterminer lui-même le système de gouvernance. Et pour cause, le citoyen est l’élément essentiel du succès de tout processus électoral.
Pilier fondamental de la réussite électorale, garantissant la légitimité démocratique par sa participation active, son vote éclairé et sa vigilance, le citoyen-électeur, en tant qu’acteur principal, est en droit d’être associé à la vie politique du pays. Par son choix de ses représentants, il assure la transparence, la crédibilité et l’intégrité du processus électoral.
Un débat sur le lexique…
Sur un autre registre, le débat politique s’est rapidement transformé en un conflit de lecture sur la nature même de cette réforme. Une question de lexique. Entre la majorité qui insiste sur
l’«amélioration institutionnelle» et une opposition sceptique, le fossé se creuse. Si les autorités publiques estiment que cette révision est avant tout administrative dans le but de corriger des lacunes, de clarifier des procédures, de moderniser le fonctionnement des institutions, et de renforcer la crédibilité du système électoral, pour certains partis politiques, c’est une réforme limitée du fait que ces nouvelles règles risquent de restreindre l’espace politique. Une autre question de sémantique.
R.N
