Dans un discours-programme prononcé à l’ouverture d’une rencontre avec les élus du parti de la wilaya d’Alger, le Premier Secrétaire national du Front des Forces Socialistes (FFS) a dressé un tableau sans concession des défis de l’Algérie, tout en traçant les contours de l’engagement de son parti pour les prochaines étapes politiques.
Loin d’un simple meeting partisan, cette intervention se veut une contribution à un débat national « apaisé et rationnel » qu’il appelle de ses vœux.
Face aux « turbulences régionales » et aux « défis internationaux complexes », le dirigeant a situé l’Algérie à un « moment historique délicat », exigeant « vigilance, conscience et responsabilité ». Pour y faire face, il rejette catégoriquement les « tromperies », les « surenchères » ou les « taghenant » (chants plaintifs), leur opposant la « sagesse », l’exercice de la « raison » et l’« esprit de responsabilité historique ».
La culture du consensus
Le cœur de sa proposition réside dans l’instauration d’une « culture du consensus comme choix national stratégique ». Ce consensus doit émerger, selon lui, d’un « dialogue inclusif et équilibré », affranchi de « la logique d’exclusion et d’esprit de clan », et immunisé contre « la démagogie, l’extrémisme et le nihilisme ».
Il s’agit, en somme, de poser les bases d’un « projet national rassembleur » fondé sur une démocratie politique réelle, l’État de droit et un développement économique et social durable.
Pour y parvenir, le Premier Secrétaire national estime indispensable une « ouverture réelle de l’espace politique et médiatique », permettant aux « forces nationales démocratiques » de contribuer effectivement à la prise de décision. Il plaide pour des « réformes institutionnelles, politiques et législatives audacieuses et réalistes », incluant une révision des lois encadrant la vie publique et la garantie des libertés fondamentales.
Un rempart contre l’immobilisme
Abordant la question brûlante de la participation aux prochaines échéances, le FFS assume un choix clair : celui de l’engagement. « Notre décision (…) ne vise pas à assurer une simple présence formelle ou à redorer l’image, mais c’est un engagement né d’une réelle volonté de contribuer à construire le changement », a-t-il affirmé. Il présente cette participation comme un rempart contre « l’immobilisme, l’abstention et la résignation » qui rongent, selon lui, la scène politique.
Cette ligne est justifiée par un constat sévère : « Ceux qui ont causé les échecs du passé (…) reviennent aujourd’hui avec de nouvelles façades et des discours trompeurs », tandis que « les forces du changement réel sont ciblées par la diffamation, la marginalisation et les tentatives d’exclusion ».
Face à ce « paradoxe douloureux », le FFS affirme sa légitimité, se targuant de « crédibilité », de « cohérence entre le discours et la pratique », d’« intégrité » et d’« indépendance ».
La locomotive de la mouvance démocratique
Le dirigeant a lancé un appel pressant à la mobilisation et à l’unité. « Aucun projet de changement ne peut réussir si ces forces restent dispersées, hésitantes ou préfèrent rester en marge », a-t-il averti. Il en appelle à une « conscience collective responsable » et à un « engagement effectif et réel de toutes les forces du changement et de tous les Algériens et Algériennes ».
En conclusion, le discours se veut une profession de foi en la capacité des « forces du changement » à « s’imposer comme une alternative réelle », à condition de croire en elles-mêmes et d’agir « avec confiance et collectivement».
Le FFS, se présentant comme « la force centrale du pôle national démocratique et sa véritable locomotive », promet de défendre fermement toutes ses chances pour « barrer la route aux extrémistes et aux aventuriers, aux opportunistes et aux flatteurs ».
Le ton est donné : celui d’un parti qui entend peser de tout son poids dans la construction de l’avenir du pays, en posant ses conditions pour une refonte profonde du jeu politique.
A.M.
