Lourdement cofinancé par les partenaires internationaux, le projet 225 kV Guinée-Mali bénéficie d’une nouvelle enveloppe destinée à accélérer les branchements, moderniser le réseau et soutenir les institutions du secteur.
Le Fonds africain de développement renforce une fois de plus son ancrage dans l’intégration énergétique ouest-africaine. Le 10 décembre 2025, à Abidjan, son Conseil d’administration a validé un financement additionnel de 25,79 millions de dollars en faveur de la Guinée pour poursuivre le projet d’interconnexion électrique 225 kV Guinée-Mali. Cette seconde enveloppe — un prêt de 22 millions et un don de 3,79 millions — s’ajoute au premier financement accordé en 2017 (41 millions), portant l’investissement total lié au segment guinéen à 372 millions de dollars.
L’enjeu dépasse la simple modernisation d’infrastructures : il s’agit d’un chantier structurant pour l’accès à une énergie fiable, moins coûteuse et susceptible de soutenir le développement socioéconomique des deux pays. Dans un contexte où le taux d’accès national en Guinée plafonnait à 52 % en 2024, avec une fracture urbaine-rurale béante (89 % contre 21 %), cette interconnexion constitue un levier stratégique pour réduire les inégalités et stabiliser les réseaux.
Le financement permettra de réaliser 37 500 nouveaux branchements, de développer de nouveaux départs moyenne tension depuis les postes HTB/HTA en vue de l’électrification rurale, et d’appuyer les institutions clés du secteur : Électricité de Guinée (EDG) pour la production et la distribution, et l’AREE pour la régulation et le contrôle. L’appui couvre également les coûts d’ingénierie et de gestion du projet, prévenant ainsi les retards et défauts de gouvernance souvent constatés dans les infrastructures énergétiques régionales.
Soutenu par une large coalition de partenaires — Union européenne, Banque mondiale, Banque européenne d’investissement, BIDC — ce projet inscrit la Guinée et le Mali dans la dynamique d’un réseau énergétique régional cohérent, attendu pour sécuriser l’offre et stimuler les investissements productifs. Son déploiement, prévu de janvier 2026 à décembre 2028, doit améliorer directement la qualité de vie des ménages, renforcer les infrastructures sociales (écoles, centres de santé, ateliers d’artisanat, associations féminines), et offrir aux acteurs économiques une électricité stable, condition essentielle pour créer de l’emploi, soutenir les revenus et consolider la cohésion sociale.
Au-delà des chiffres, cette nouvelle allocation confirme un impératif : sans énergie accessible et durable, aucune transformation économique ne peut s’enclencher. L’interconnexion Guinée-Mali devient ainsi un symbole régional — celui d’une Afrique de l’Ouest qui cherche à sortir de la fragmentation énergétique pour bâtir sa souveraineté électrique.
Rédaction de Crésus
