La présidente du tribunal criminel d’Alger (2e instance), Mme Mahmoudi Lynda, a prononcé jeudi une peine de dix ans de réclusion criminelle à l’encontre de B. Ashraf, estimant que les charges retenues contre lui tout au long de l’enquête étaient pleinement établies.
Par Redouane Hannachi
Âgé de 33 ans et originaire de Mansourah, dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj, l’accusé a été déclaré coupable d’espionnage au profit d’un pays étranger, en l’occurrence le Maroc. Selon l’acte d’accusation, il aurait rencontré en Tunisie un représentant du consulat marocain qui lui aurait confié la mission de photographier diverses institutions militaires algériennes, notamment plusieurs casernes situées dans de grandes villes du pays. L’enquête a également révélé qu’il aurait renouvelé ses contacts avec un responsable marocain lors d’un séjour au Qatar, répondant favorablement à des demandes de prises de vues qu’il aurait ensuite transmises.
À la barre, l’accusé a nié l’ensemble des faits, affirmant n’entretenir aucun lien avec le Maroc et soutenant que «l’expertise électronique effectuée sur [son] téléphone portable était négative». Le procureur général, pour sa part, a requis la perpétuité, estimant que les éléments matériels et légaux démontraient clairement une intention de porter atteinte aux institutions militaires. Les avocats de la défense ont plaidé l’acquittement, affirmant que leur client «a été piégé par les enquêteurs dans une affaire entièrement fabriquée». Il convient de rappeler que lors de son premier jugement devant le tribunal criminel d’Alger de première instance, au tribunal de Dar El Beïda, l’accusé avait été condamné à vingt ans de prison ferme.
La défense a annoncé son intention de se pourvoir en cassation devant la chambre criminelle de la Cour suprême afin d’obtenir une révision du procès.
R. H.
