À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, l’International AIDS Society (IAS) et les Hôpitaux universitaires de Genève annoncent que la cité lémanique accueillera, en juillet 2027, la 14ᵉ Conférence sur la science du VIH. Une décision stratégique alors que le financement international s’essouffle et que l’objectif d’éradiquer la pandémie d’ici 2030 s’éloigne.
Par Rédaction de Crésus
La nouvelle tombe dans un contexte où l’espoir d’un monde sans sida d’ici 2030 se fissure. La baisse continue des financements internationaux, les crises géopolitiques et la compétition entre priorités sanitaires fragilisent la dynamique engagée au cours de la dernière décennie. C’est précisément dans cette phase de doute que Genève, ville siège d’importantes organisations internationales et bastion historique de la santé mondiale, se voit confier l’organisation de la 14ᵉ Conférence de l’IAS sur la science du VIH, prévue en juillet 2027.
Portée conjointement par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), le Canton, la Ville et le Convention Bureau, la candidature genevoise a convaincu par son expertise médicale, son écosystème scientifique dense et son engagement politique constant. L’événement, considéré comme le rendez-vous scientifique le plus influent au monde sur le VIH, rassemblera chercheurs, cliniciens, bailleurs, activistes et décideurs politiques pour tenter de réorienter une lutte aujourd’hui sous tension.
Car au-delà de l’effet d’annonce, l’enjeu est double. D’une part, maintenir un leadership scientifique en consolidant le lien entre recherche fondamentale, innovation thérapeutique et action de terrain. D’autre part, rappeler aux gouvernements que l’effort financier est une condition de survie : les progrès enregistrés depuis quinze ans – recul des décès, accès élargi aux traitements, nouvelles molécules préventives – peuvent être compromis si la mobilisation fléchit.
Les institutions genevoises veulent aussi inscrire cette conférence dans une dynamique durable. HUG, UNIGE et leurs partenaires entendent transformer l’événement en levier structurel : renforcer la formation, soutenir les programmes communautaires, et positionner Genève comme plateforme incontournable face aux défis émergents – résistances médicamenteuses, inégalités d’accès, fragilisation des systèmes de santé.
Le 1er décembre 2025, une conférence de presse et une table ronde intitulée «HIV : Geneva takes action» marqueront officiellement le lancement du compte à rebours. Un signal clair : dans la lutte contre le VIH, la science reste le meilleur rempart, mais elle ne peut avancer sans volonté politique, sans financement et sans mémoire des combats déjà menés. Genève se propose désormais d’en être l’un des catalyseurs majeurs.
R.C.
