Par S. MÉHALLA
Il y a des silences qui rassurent, d’autres qui condamnent. Ceux des partis politiques algériens, eux, relèvent presque du mutisme complice. Dès que surgit une question qui touche de près ou de loin l’intérêt national, ces formations censées porter la voix du peuple se transforment en ombres muettes : aphones, inodores, incolores.
Bref, inutiles.
Face à la menace du retour provocateur d’un Sansal qui n’a cessé de cracher sur le pays, de le trahir, de l’humilier et de s’abriter derrière une prétendue liberté d’expression pour déverser sa haine et son mépris, que disent nos partis ? Rien. Pas un souffle. Pas un communiqué. Pas même un geste symbolique pour affirmer un minimum de cohérence nationale. Ils se terrent. Ils se tapissent. Ils se tordent sous leurs couettes douillettes comme s’ils craignaient d’éveiller un pouvoir qui ne les regarde même plus.
Alors, qu’est-ce qui reste?
À quoi sert un parti politique qui ne réagit pas quand l’honneur national est bousculé?
Que vaut un militantisme réduit à l’animation du vide, à la distribution de slogans recyclés et à la quête désespérée d’un strapontin dans l’administration?
Ces partis n’ont ni courage, ni colonne vertébrale, ni conviction. Leur logiciel politique se résume à trois mots : survie, opportunisme, privilèges. Ils ne cherchent ni à représenter les Algériens, ni à défendre leurs valeurs, ni à éclairer le débat public. Ils guettent juste la prochaine ouverture, la prochaine nomination, la prochaine faveur. Ce ne sont plus des partis : ce sont des administrations en attente de subventions.
Le citoyen, lui, les regarde avec une lucidité brutale.
Comment pourraient-ils espérer le moindre crédit quand ils fuient chaque bataille? Quand ils n’assument aucune position? Quand ils se comportent comme de simples spectateurs d’un pays qui change sans eux et malgré eux?
Quant au pouvoir, il les a déjà classés dans la rubrique «accessoires». Des vitrines décoratives. Des façades protocolaires. Des organisations qui ne mobilisent personne et ne pèsent sur rien.
L’Algérie mérite mieux que ce théâtre d’ombres.
Elle mérite des formations politiques qui parlent quand il faut parler, qui défendent quand il faut défendre, qui s’opposent quand il faut s’opposer, qui assument leur existence autrement qu’en quémandant des avantages.
Aujourd’hui, cette classe partisane n’est plus amorphe : elle est dans une mort cérébrale, patriotique.
Et la seule question qui subsiste, la seule vraiment pertinente, est peut-être:
Si ces partis disparaissaient demain, qui s’en apercevrait ? Parce que pour être regretté, encore faut-il avoir existé.
S. M.
