Prévu devant le tribunal criminel spécialisé dans les affaires de terrorisme d’Alger, le procès d’un dangereux groupe ayant opéré au centre du pays, notamment dans les quartiers périphériques de la capitale, a été renvoyé à la prochaine session criminelle.
Ce report fait suite à la demande d’une avocate commise d’office par le barreau d’Alger. L’avocate a sollicité un délai supplémentaire afin de préparer sa plaidoirie. Une requête immédiatement contestée par son client, le principal accusé, Aouar Mohamed, qui a insisté pour être jugé sans délai.
S’adressant au président de l’audience, il a déclaré : «Je ne veux pas rester en prison. Elle peut préparer sa plaidoirie, cela ne prendra pas beaucoup de temps !» Les sept inculpés sont poursuivis pour de graves chefs d’inculpation, notamment, appartenance à un groupe terroriste opérant à l’intérieur du pays, tentative de déstabilisation de la sécurité de l’État, actes visant à semer la terreur parmi les populations, crimes collectifs ou encore viols collectifs et enlèvements et séquestrations de citoyens. Ce groupe avait déjà été jugé par le tribunal criminel d’Alger, dans une autre composition, au début de l’année 2005. Quatre accusés avaient alors écopé de la réclusion criminelle à perpétuité, tandis que les trois autres avaient été condamnés à dix ans de prison ferme. Ces derniers ont depuis été remis en liberté provisoire, ayant purgé leur peine. Les mis en cause faisaient partie de l’ex-GIA durant la décennie noire et sont impliqués dans plusieurs attentats sanglants dans différentes localités : Chiffa, Rouïba, Réghaïa, Boudouaou et Saoula. C’est précisément dans cette dernière commune que les services de sécurité relevant du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) ont démantelé le groupe en 2002.
Au moment de leur arrestation, le 5 juillet 2002, les terroristes s’apprêtaient à faire exploser le gazoduc reliant Alger à Blida. Ils sont également impliqués dans de nombreux assassinats ciblant policiers, gendarmes et militaires. L’affaire revient devant la justice après une décision de cassation de la Cour suprême.
R. H.
