La chambre criminelle de la Cour suprême a donné suite favorable au pourvoi en cassation introduit par le procureur général près le tribunal criminel d’Alger, dans l’affaire du meurtre du jeune Hadjou Mohamed, tué en 2021 alors qu’il tentait de mettre fin à une rixe entre voisins. Le représentant du ministère public avait saisi la haute juridiction afin d’obtenir la cassation de la décision rendue lors du premier procès et le renvoi de l’affaire devant la même instance, mais autrement composée. Tout au long des débats, le procureur général avait clairement exprimé son mécontentement face au verdict, dénonçant la gravité du geste fatal porté à la victime, décédée avant son arrivée à l’hôpital après avoir reçu un coup de couteau au thorax.
Intention d’homicide
Dans son réquisitoire, le procureur avait estimé que le principal accusé, S.L., avait agi avec l’intention manifeste de tuer, pointant la précision du coup porté en plein thorax. Grièvement blessé, le jeune Hadjou Mohamed, âgé de 26 ans, a succombé à ses blessures sans avoir pu être secouru. Le ministère public avait requis la peine capitale contre les trois mis en cause -deux frères et leur voisin- estimant qu’aucune indulgence ne devait leur être accordée. Le pourvoi introduit par le procureur général visait notamment les larges circonstances atténuantes accordées par le tribunal criminel d’Alger, qui avaient conduit à l’acquittement du frère de l’accusé principal, S.S.A., ainsi que de B.W., et à la réduction de la peine de S.L., passée de la peine capitale à 20 ans de réclusion criminelle.
Les événements remontent au 21 décembre 2021, vers 16 h 30, dans la cité Soummam de Bab Ezzouar. Une violente altercation entre jeunes dégénère, et S.L. intervient pour porter un coup de couteau mortel à Hadjou Mohamed, qui tentait simplement de mettre fin à la dispute. La scène s’est déroulée sous les yeux de la mère de la victime, qui s’était précipitée pour serrer son fils agonisant contre elle. Lors du premier procès tenu à Dar El Beïda, S.L. avait été condamné à la peine de mort. Il avait reconnu les faits sans exprimer le moindre remords. L’avocat de la partie civile avait rappelé dans sa plaidoirie que l’intention homicide ne faisait aucun doute, soulignant notamment que l’accusé était revenu sur les lieux une demi-heure après les premiers heurts pour «achever son acte criminel».
La Cour suprême ayant désormais accepté le pourvoi, le dossier sera rejugé, ouvrant la voie à une nouvelle appréciation des faits et des responsabilités des trois accusés.
R.H.
