Des opposants au régime putschiste au Mali ont porté un coup dur à la junte après la publication d’un document officiel signé par des instances et des personnalités influentes du pays, appelant à la destitution d’Assimi Goïta et de son conseil militaire. Les rédacteurs du communiqué prônent une solution pacifique comme issue à la crise que traverse le Mali.
Les opposants ont également lancé de nouveaux appels à l’imam Mahmoud Dicko, actuellement réfugié en Algérie, pour qu’il retourne dans son pays et contribue à résoudre la crise politique et sécuritaire qui perdure depuis plusieurs années.
Un état d’épuisement politique
Mahmoud Dicko est considéré comme l’une des figures religieuses et politiques les plus influentes du Mali. Il avait déjà joué un rôle central dans le mouvement populaire qui a conduit à la chute du président Ibrahim Boubacar Keïta en 2020.
Le document décrit le régime actuel comme étant dans un état d’épuisement politique et de perte de repères, dans un contexte de montée des attaques de groupes armés, de détérioration économique et de rupture de confiance entre le pouvoir et la population.
L’imam Dicko s’était réfugié en Algérie après avoir subi un resserrement des pressions à Bamako, notamment après avoir été officiellement reçu par le président Abdelmadjid Tebboune à la fin de l’année 2023, ce qui avait provoqué une grave crise diplomatique entre l’Algérie et le Mali. Bamako avait alors accusé Alger de soutenir ceux qu’elle qualifie de rebelles, accusation que l’Algérie a fermement démentie.
Aujourd’hui, le putschiste Goïta se retrouve dans une situation politique et sécuritaire complexe, après avoir perdu toute confiance et face à l’émergence d’une personnalité religieuse et politique majeure, disposant d’une forte influence interne et de liens solides avec l’Algérie, un pays qui, souligne le texte, n’a jamais tourné le dos au peuple malien.
M.T.
