Le tribunal criminel de première instance d’Alger, siégeant à Dar El Beïda, examinera au cours de la présente session criminelle une affaire particulièrement sensible liée à la sécurité de l’État. Vingt individus sont poursuivis pour appartenance à un groupe terroriste opérant à l’intérieur du pays, accusé d’avoir tenté de déstabiliser la sécurité nationale et de semé la terreur parmi la population.
Ce groupe armé, actif dans la zone montagneuse reliant les wilayas de Boumerdès et Tizi-Ouzou, notamment dans la forêt de Sidi Ali Bounab, était dirigé par le redoutable émir terroriste Lezoul Ismaïl, alias «Djallalib». Ce dernier faisait l’objet de six mandats d’arrêt avant d’être neutralisé par les services de sécurité lors d’une opération militaire.
L’enquête, menée avec minutie par les forces de sécurité, a permis de démanteler la cellule et de saisir un important arsenal, dont des fusils d’assaut de type Kalachnikov et Semonov. Les mis en cause sont accusés, entre autres, d’homicide volontaire avec préméditation et guet-apens, notamment l’assassinat d’un agent de la garde communale dans la localité d’Azazga (wilaya de Tizi-Ouzou).
Le dossier a connu 14 reports successifs pour des raisons administratives, notamment le non-transfert des détenus depuis les établissements pénitentiaires où ils sont incarcérés depuis 2016, à leur tête Abbas Lounis, alias «Souleymane».
Le groupe a vu sa capacité opérationnelle considérablement affaiblie après l’élimination de l’un de ses principaux éléments, Besbes Abdenour, alias «Abou Chouaïb », tué lors d’un violent accrochage dans les monts de Sidi Ali Bounab.
Les membres de cette cellule terroriste imposaient un régime de terreur aux habitants de la région de Baghlia, les obligeant à verser régulièrement de fortes sommes d’argent sous la menace, ce qui a conduit de nombreuses familles à fuir leurs domiciles pendant plusieurs mois. Il est à noter que parmi les inculpés figurent d’anciens repentis ayant bénéficié des mesures de la Concorde civile et de la Réconciliation nationale. Quelques semaines seulement après leur libération, ces individus se seraient réorganisés pour reprendre le maquis.
R.H.
