Le tribunal criminel de première instance d’Alger, siégeant au niveau du tribunal de Dar El Beida, examinera ce mardi l’affaire de Mohamed Tadjadit, connu sous le surnom de «poète du Hirak».
L’activiste, poursuivi pour des faits qualifiés d’atteinte à l’unité nationale et à l’intégrité du territoire, sera rejugé pour des publications jugées diffamatoires à l’égard de l’État et de ses institutions, diffusées sur les réseaux sociaux. Détenu depuis janvier 2025, Mohamed Tadjadit purge actuellement une peine d’un an de prison ferme. Il comparaîtra à nouveau dans le cadre d’une procédure distincte mais portant sur des accusations similaires. L’activiste a déjà fait l’objet de plusieurs poursuites en lien avec son activité sur les réseaux sociaux et sa participation aux manifestations du mouvement populaire de 2019. Son nom avait notamment été cité en 2021 dans l’affaire du mineur Saïd Chetouane, qui avait provoqué une vive polémique médiatique après la diffusion d’une vidéo relayant des accusations de mauvais traitements lors d’une interpellation à Alger.
Lors d’une conférence de presse tenue en mars 2021, l’ancien procureur général près la cour d’Alger, Merad Sid Ahmed, avait révélé de nouveaux éléments dans cette affaire. Il avait confirmé la mise en détention provisoire de Mohamed Tadjadit, Soheib et Tarik Debaghi, Malik Riahi et Noureddine Khimoud, tous inculpés par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed. Selon le procureur, ces derniers avaient «exploité la vidéo du mineur à des fins purement politiques». Il avait également affirmé qu’un sixième individu, Louaïl Sadek, identifié comme membre du mouvement «Rachad», était impliqué dans l’affaire mais demeurait en fuite. L’affaire du mineur Saïd Chetouane avait éclaté après la publication d’une vidéo dans laquelle le jeune garçon affirmait avoir subi des violences policières. Quelques jours plus tard, il était revenu sur ses déclarations. Les cinq activistes cités, dont Tadjadit, avaient alors été arrêtés et placés en détention provisoire à la prison d’El Harrach.
Selon les sources judiciaires, Soheib et Tarik Debaghi ainsi que Noureddine Khimoud avaient été interpellés à Barika (wilaya de Batna) avant d’être transférés à Alger sur ordre du procureur de la République de Sidi M’hamed. Tadjadit comparaîtra donc une nouvelle fois le 30 novembre, dans un dossier similaire aux précédents.
R.H.
