Le tribunal criminel de première instance d’Alger, siégeant au niveau du tribunal de Dar El Beïda, statuera les 11 et 30 novembre prochains sur les affaires liées à l’activiste et poète du Hirak, Mohamed Tadjadit. Le mis en cause est poursuivi pour atteinte à l’unité nationale et à l’intégrité du territoire national, après la publication sur les réseaux sociaux de contenus jugés diffamatoires envers l’État et ses institutions. Détenu depuis janvier 2025, Mohamed Tadjadit purge actuellement une peine d’un an de prison ferme. Il sera toutefois rejugé dans de nouvelles affaires à caractère politique et pénal. Le nom de Mohamed Tadjadit est déjà apparu dans plusieurs dossiers judiciaires depuis le début du Hirak.
En 2021, l’ancien procureur général près la cour d’Alger, Merad Sid Ahmed, avait consacré une conférence de presse à l’affaire dite du mineur Said Chetouane, qui avait alors suscité une vive polémique. Le procureur avait confirmé la mise en détention provisoire de Mohamed Tadjadit, Soheib et Tarek Debaghi, Malik Riahi et Noureddine Khimoud par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed. Ces activistes avaient été arrêtés après la diffusion d’une vidéo montrant le jeune Chetouane, 15 ans, affirmant avoir subi des violences policières lors d’une marche à Alger. Selon le procureur, «les personnes qui accompagnaient le mineur ont exploité cette vidéo à des fins politiques». Il avait également révélé qu’un sixième suspect, Louaiel Sadek, membre présumé du mouvement Rachad, avait été identifié mais restait en fuite.
Des accusations graves
Lors de cette même conférence, le procureur général avait détaillé les chefs d’inculpation retenus contre les prévenus : création et direction d’une association de malfaiteurs, diffusion de fausses informations, attroupement non autorisé portant atteinte à la sécurité nationale et possession de stupéfiants. Il avait ajouté que les examens médicaux effectués sur les activistes interpellés révélaient une consommation de drogue. «Les mis en cause sont aussi poursuivis pour diffusion d’images portant atteinte à la vie privée d’un enfant et incitation d’un mineur à la débauche», avait-il précisé, avant d’évoquer «des relations douteuses entretenues entre l’un des accusés et le mineur». Le procureur avait également affirmé que la mère du jeune Chetouane rencontrait des difficultés à encadrer son fils, tandis que ce dernier était revenu sur ses accusations de sévices, expliquant avoir parlé sous le coup de la peur et de la pression médiatique. À la suite de cette affaire, les cinq activistes avaient été placés en détention provisoire à la prison d’El Harrach. Selon les enquêteurs, trois d’entre eux — Soheib et Tarek Debaghi ainsi que Noureddine Khimoud — avaient été arrêtés à Barika, dans la wilaya de Batna, avant d’être transférés à Alger sur instruction du procureur de la République.
Mohamed Tadjadit, surnommé le poète du Hirak pour ses poèmes scandés lors des marches populaires, a déjà purgé plusieurs peines de prison pour des motifs similaires liés à ses publications ou à sa participation aux manifestations.
R.H.
