L’enjeu dépasse la seule dimension militaire : il s’agit désormais de reconstruire Ghaza, de relancer son économie et d’offrir aux Palestiniens des conditions de vie décentes.
L’accord de cessez-le-feu signé lundi à Charm el-Cheikh marque une nouvelle étape dans la longue et tourmentée agression sioniste contre Ghaza. Après près de trois années de guerre dévastatrice à Ghaza, et des milliers de morts civils, un fragile espoir renaît. Mais cette fois, la dynamique n’a pas été imposée par les acteurs régionaux seuls. L’impulsion est venue de Washington, portée par un Donald Trump revenu à la Maison-Blanche et désireux d’incarner, à nouveau, le rôle de «faiseur de paix».
Quelques mois plus tôt, le précédent cessez-le-feu, conclu au début de l’année, n’avait duré que quarante-deux jours. Sous la pression des alliés ultranationalistes de Benyamin Netanyahou, la trêve s’était effondrée dans un tumulte d’accusations et de nouvelles frappes sur Ghaza. Cette fois, la donne a changé. Le Premier ministre sioniste, affaibli par l’usure du conflit et par l’isolement diplomatique croissant de l’entité sioniste, fait face à un partenaire américain d’une fermeté inédite. Trump lui a signifié clairement que sa patience était à bout et qu’aucune alternative n’était envisageable.
L’ombre de Washington
Le président américain, selon plusieurs observateurs, a choisi d’intervenir après le bombardement par l’entité sioniste d’une délégation du Hamas au Qatar, en septembre dernier — un épisode qui avait provoqué une vague de colère internationale. Conscient du désastre humanitaire et des divisions internes au sein de l’entité sioniste, Trump a mobilisé tout le poids de sa fonction pour imposer la paix. Ses ambitions sont claires : obtenir la reconnaissance mondiale, rétablir l’influence américaine au Moyen-Orient et, pourquoi pas, viser le prix Nobel de la paix.
Le contraste est saisissant. Quelques jours avant l’annonce du plan à la Maison-Blanche, Netanyahou affirmait encore devant l’Assemblée générale de l’ONU que «la guerre ne prendrait fin que lorsque le Hamas serait totalement détruit». Aujourd’hui, il signe un accord qui maintient le mouvement en place. Un revirement spectaculaire qui traduit autant la lassitude de l’armée sioniste que la pression d’un allié devenu incontournable. Même les ministres les plus radicaux du gouvernement, Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, se sont montrés cette fois étonnamment discrets.
Sur le plan régional, l’accord ouvre une nouvelle phase. L’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar jouent un rôle clé dans le suivi et la consolidation du cessez-le-feu. L’enjeu dépasse la seule dimension militaire : il s’agit désormais de reconstruire Ghaza, de relancer son économie et d’offrir aux Palestiniens des conditions de vie décentes. La création d’un fonds arabo-international pour la reconstruction du territoire, soutenu par Riyad, Abou Dhabi et Doha, et géré avec l’appui logistique du Caire, pourrait être le levier d’un changement durable.
Une paix imposée… mais pour combien de temps ?
Au-delà du pragmatisme de Trump et du calcul de Netanyahou, l’accord de Ghaza 2025 pourrait bien marquer le retour d’une diplomatie arabe plus concertée, et le réveil d’une conscience régionale longtemps absente. Si cette trêve se transforme en processus durable, elle offrira non seulement un répit à Ghaza, mais aussi une leçon au monde : la paix, même imposée, reste toujours préférable à l’épuisement des guerres sans fin.
Mais la question demeure : cette paix, imposée par la volonté américaine, peut-elle vraiment tenir ?
Assia M.
