La capitalisation boursière a été multipliée par sept en 2024 par rapport à l’année précédente.
Le marché financier a connu une évolution sans précédent en 2024, avec une hausse de la capitalisation boursière à 521 milliards de dinars (mds DA), contre 71 mds DA en 2023. Cette évolution correspond à une multiplication par 7,26 soit une hausse de 626 %. Parallèlement, la valeur transigée a progressé de plus de 440 % pour atteindre 2,76 milliards de dinars, tandis que le volume des transactions a progressé de 35 % pour s’établir à près de 1,3 million de titres échangés, avec un total de 1.250 transactions validées, soit une progression de +351,3% par rapport à 2023. Selon le rapport annuel 2024, publié dimanche par la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse (COSOB), cette performance a été réalisée grâce, notamment, à l’introduction en bourse du Crédit Populaire d’Algérie (CPA), 1re banque cotée, qui a levé 112 milliards DA auprès de plus de 42.000 investisseurs. La COSOB y voit le signe d’une «confiance croissante des investisseurs».
Transformation profonde
Dans son mot en prélude du rapport, le président de la COSOB, Youcef Bouzenada, a souligné que l’année 2024 a constitué une étape charnière pour la Commission, étant marquée par des avancées significatives en matière de régulation, de modernisation et de dynamisation du marché financier algérien. Sur le plan réglementaire, l’année dernière a vu l’adoption de deux textes structurants renforçant la solidité et la transparence du marché. Le premier, en juillet, concerne la prévention du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme. Le second, en octobre, encadre les Organismes de Placement Collectif à Capital-Risque (OPCR), conçus pour financer les startups et les PME. Ces règlements font suite à la réforme de 2023, qui avait élargi l’accès au marché. L’année 2024 a également été celle de l’innovation et de la digitalisation avec l’institution du Guichet Unique du Marché Financier, regroupant l’ensemble des acteurs du marché ainsi que le lancement du Portail Electronique du Marché Financier qui permet le dépôt et le suivi en ligne des demandes d’agrément et d’introduction en bourse. Pour 2025, la COSOB prévoit la mise en œuvre opérationnelle du règlement sur les Organismes de placement collectif à capital-risque (OPCR), la consolidation du Guichet Unique comme principal point d’entrée pour les entreprises, et le développement d’un plan d’incitation en faveur de la cotation en bourse
Des rendements positifs
Le rapport fait aussi le point sur les rendements enregistrés à la Bourse d’Alger. Durant l’année 2024, 5 sociétés sur 6 cotées sur le compartiment principal de la Bourse d’Alger ont réalisé des taux de rendement oscillant entre 5,55% et 8,33%. Alliance Assurances arrive en tête avec un rendement de 8,33 %, soit un dividende de 35 dinars par action. Biopharm suit avec 6,81 %, puis Saidal avec 6,1 %. Le Crédit Populaire d’Algérie et la Banque de Développement Local ont offert respectivement 5,56 % et 5,55 %. Sur le compartiment de croissance, les émetteurs ont offert à leurs actionnaires des rendements beaucoup moins importants. Moustachir avec un rendement de 1,05% et AOM Invest Spa avec un rendement de 0,75%
Du chemin reste à faire
Le rapport ne manque pas d’évoquer la nécessité d’une bien plus forte dynamisation de l’activité de la place boursière locale pour la hisser aux besoins de l’économie nationale. Selon la cotation commerciale d’ouverture de la Banque d’Algérie au 31 décembre 2024, la capitalisation de la Bourse d’Alger s’élève à 3,8 milliards de dollars US à cette même date. Comparée au Produit Intérieur Brut (PIB), estimé à 263,6 milliards de dollars US, la capitalisation boursière représente 1,46 % du PIB, ce qui traduit une liquidité relativement faible du marché par rapport à l’économie nationale, précise le rapport de la Cosob qui ajoute que malgré la taille de l’économie algérienne, le faible taux de capitalisation boursière montre que les entreprises dépendent encore principalement du financement bancaire.
Pour la Cosob, s’orienter vers les mécanismes du marché permettrait de lever des fonds plus importants, avec des garanties et des modalités adaptées aux projets d’investissement de grande envergure. Le développement du marché financier constitue donc un enjeu majeur pour mobiliser l’épargne et financer plus efficacement l’économie.
Saïd S.
